Alyette Debray-Mauduy, rédactrice en chef adjointe du journal Le Figaro, a été tuée le 21 septembre après avoir été renversée par un camion sur le pont de la Concorde à Paris. Ce drame a relancé le débat sur la sécurité des cyclistes dans la capitale, où le nombre de personnes utilisant les pistes cyclables a augmenté de 47% depuis 2020. Les associations représentant les usagers du vélo ont exprimé leur inquiétude, dénonçant des aménagements insuffisants et des angles morts dangereux. L’association Paris en Selle a souligné que ce décès s’ajoute à une série d’accidents mortels, affirmant que "les aménagements pourris tuent, les angles morts tuent", et rappelant que la victime était la sixième à être tuée en un an par un angle mort de camion. Un porte-parole de l’association, Corentin Roudaut, a expliqué que le pont de la Concorde, lieu du drame, est un point critique en raison du trafic dense et des flux importants, qui rendent les cyclistes particulièrement vulnérables. Il a également critiqué la proposition du ministère des Transports d’imposer le port du casque pour les vélos et trottinettes partout en France, estimant que cela ne résoudrait pas les problèmes liés à l’absence ou à la mauvaise conception des aménagements. L’association Elles à vélo, qui encourage la pratique du vélo chez les femmes, a également réagi avec émotion. Delphine Julie, responsable associative, a rappelé la mort d’une jeune femme en 2022 à Cours de la Reine, percutée par un camion. Elle a suggéré la généralisation de feux de signalisation spécifiques aux cyclistes dans les carrefours, afin de leur permettre de mieux être visibles et de prendre un peu d’avance sur les véhicules motorisés. La mairie de Paris, qui a dévoilé en mars 2025 un projet de réaménagement de la place de la Concorde, a expliqué que ce projet n’était pas encore achevé et que les plans actuels ne prenaient pas suffisamment en compte les besoins des cyclistes. Emmanuel Grégoire, le nouveau maire de Paris, a déclaré que le début de son mandat sur la question cycliste était marqué par "beaucoup de communication et peu de chantiers". Cependant, la mairie a souligné son travail sur la sécurisation des carrefours, renforcé après le meurtre de Paul Varry en 2024. Elle a mentionné des aménagements sur 86 carrefours, avec 13 supplémentaires cet été, et a appuyé la proposition des associations concernant la protection des cyclistes contre les poids lourds, citant l’exemple de Londres. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a insisté sur une "exigence absolue de sécurité" pour accompagner le développement des mobilités actives, comme le vélo. Cependant, Stein van Oosteren, un expert francilien du vélo, a critiqué cette déclaration, reprochant au ministre de "coupé le financement du plan vélo" et de ne pas aménager les routes pour protéger les usagers vulnérables. L’observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a également noté une hausse de 8% de la mortalité des cyclistes sur les douze derniers mois, passant de 246 tués entre août 2026 et août 2027.