Le Gabon retire des permis miniers pour contrôler la production d'or

Le Gabon a retiré 52 titres miniers dans le cadre d'une réorganisation visant à mieux contrôler la production et la vente d'or, dont une partie continue de contourner les circuits officiels. Cette mesure, achevée le 16 octobre, fait suite à la suspension de l'exploitation artisanale de l'or en juin, après le démantèlement par les autorités d'un réseau minier illégal dans la région de la Ngounié.

Les permis retirés ne peuvent pas être réattribués immédiatement

Le gouvernement indique que les titres retirés retournent au domaine public, mais il ne peut pas les réattribuer immédiatement. Selon le Code minier de 2019, les parties concernées disposent de 60 jours pour introduire un recours, ce qui peut retarder le processus. En outre, les nouvelles attributions nécessitent plus de trois mois après la publication officielle du retour de ces zones.

L'entreprise publique renforce son contrôle

Un décret de 2023 accorde à l'opérateur minier national, la Equatorial Mining Company (SEM), un droit de préemption sur les zones touchées par le retrait. Cela permet à la SEM de nouer des partenariats et d'obtenir de nouveaux permis. En septembre, la SEM a annoncé trois nouveaux accords d'exploitation, dont l'acquisition du permis de Mboumba.

Le ministre critique les pratiques minières illégales

Dans un entretien accordé à des médias locaux, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a accusé certaines entreprises d'exploiter l'or avec seulement un permis de prospection et d'éviter les taxes obligatoires. Il a noté que certaines sociétés ont restitué leurs permis en affirmant n'avoir rien trouvé, malgré des preuves qu'elles avaient déjà extrait de l'or.

Les estimations du commerce illégal de l'or restent incertaines

La production officielle d'or au Gabon était estimée à 425 kg en 2023, tandis que la production informelle serait comprise entre une et deux tonnes par an. Le gouvernement a également évoqué des pertes de près de 75 milliards de francs CFA par an liées au commerce illégal de l'or, sans toutefois préciser la méthode de calcul utilisée.

Le gouvernement veut centraliser le traitement et la vente de l'or

Le Gabon dispose d'une raffinerie et d'un comptoir d'achat de l'or, d'une capacité de 7 à 10 tonnes d'or par an. Le gouvernement prévoit d'obliger toute la production d'or à transiter par ces installations et de limiter les ventes aux comptoirs agréés, dans l'attente de l'adoption d'un nouveau Code minier. Les cours de l'or ayant plus que doublé depuis 2020, les enjeux financiers sont importants, mais la réussite de ces réformes dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la fixation des prix et des capacités de surveillance.