Flávio Bolsonaro est en tête de la course présidentielle brésilienne avec des projets ambitieux de déréglementation environnementale, suscitant l'inquiétude des peuples autochtones et des écologistes.
Flávio Bolsonaro en tête au premier tour
Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, a recueilli le plus de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2026, avec 47,03 % des suffrages, devançant le président en exercice Lula da Silva, qui en a obtenu 45,16 %.Inquiétudes environnementales
Flávio Bolsonaro, candidat du Parti libéral (PL), a proposé des politiques qui suscitent de vives inquiétudes chez les défenseurs de l'environnement et les groupes autochtones. Ces politiques sont perçues comme la poursuite du programme environnemental de son père, qui a été président de 2019 à 2023 et a ensuite été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État.Déréglementation des protections environnementales
Flávio Bolsonaro a promis de « mettre fin aux contraintes environnementales », une formule interprétée comme un signal en faveur d'une possible déréglementation. Sa campagne met l'accent sur la réduction des protections environnementales, notamment la suppression des réserves légales, qui obligent les propriétaires terriens à préserver une partie de la végétation native de leur terrain, une proposition précédemment abandonnée face à la réaction du public.Efforts législatifs critiqués
Au Sénat, Flávio Bolsonaro a participé à des initiatives législatives qui ont suscité des critiques. Il a cosigné en 2019 un projet de loi visant à supprimer les réserves légales, qui aurait pu conduire à la destruction de 167 millions d'hectares de forêts, selon une étude de l'Université de São Paulo. Il a également été rapporteur d'un amendement constitutionnel qui permettrait la privatisation des zones côtières, une mesure elle aussi abandonnée face à l'opposition du public.Regroupement des agences environnementales
Le programme de Flávio Bolsonaro prévoit de regrouper des agences environnementales clés, notamment l'Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables (Ibama), la Fondation nationale des peuples autochtones (Funai) et l'Institut Chico Mendes pour la conservation de la biodiversité (ICMBio). Cette mesure pourrait réduire le contrôle environnemental, ces agences jouant un rôle essentiel dans l'application de la réglementation.Réduction des réserves autochtones
Flávio Bolsonaro a déclaré que la fonction première de l'État est la production, une position qui préoccupe les communautés autochtones. Celles-ci ont déjà reçu des menaces d'invasion en cas d'élection de M. Bolsonaro, et ses politiques pourraient entraîner une hausse des violences, comme on l'a vu dans le cas du peuple Apyterewa, dans l'État du Pará.Intérêt pour les terres rares
Flávio Bolsonaro s'intéresse au développement des ressources brésiliennes en terres rares, essentielles aux technologies modernes. Si lui et Lula da Silva soutiennent tous deux ce développement, Flávio Bolsonaro a proposé de faire du Brésil un fournisseur des États-Unis, en particulier pour Donald Trump. Son intérêt pour l'extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique suscite également des inquiétudes environnementales, en raison de ses risques pour les eaux souterraines et les écosystèmes.Influence potentielle sur la Cour suprême
S'il est élu, Flávio Bolsonaro aurait la possibilité de nommer quatre des onze juges de la Cour suprême fédérale (STF), ce qui pourrait peser sur les décisions de la cour en matière d'environnement et de questions autochtones. Le PL a renforcé sa position à la Chambre des députés et au Sénat, ce qui pourrait lui assurer une majorité législative pour mettre en œuvre ses politiques.