Travailleurs nord-coréens en Russie

Plus de 50 000 Nord-Coréens travailleraient en Russie, selon les services de renseignement sud-coréens cités par Nikkei Asia. Ce chiffre illustre la présence croissante de main-d'œuvre nord-coréenne dans la région, qui est devenue un élément important de la stratégie économique du pays.

Impact économique de l'exportation de main-d'œuvre

L'envoi de travailleurs à l'étranger est une pratique courante de Pyongyang depuis plus de vingt ans, rapportant entre 450 et 800 millions de dollars par an au régime de Kim Jong-un à l'échelle mondiale. Cette source de revenus est cruciale pour l'économie nord-coréenne, qui fait face à de lourdes sanctions internationales et à un accès limité aux marchés mondiaux.

Recrutement en ligne et conditions de travail

Une enquête de l'organisation non gouvernementale néerlandaise Global Rights Compliance (GRC) décrit un système dans lequel les travailleurs peuvent être employés jusqu'à 18 heures par jour, six à sept jours par semaine. Ces conditions, illégales au regard des normes internationales du travail, font partie d'un système plus large conçu pour maximiser la productivité et réduire les coûts pour le régime nord-coréen.

Retenue sur salaires et devises étrangères

La Corée du Nord retiendrait 80 à 90 % de leurs salaires, faisant de cette main-d'œuvre « l'une des sources de devises étrangères les plus fiables pour Pyongyang ». Cette pratique permet au régime de conserver la majeure partie des gains, qu'il utilise pour financer ses activités malgré l'isolement économique imposé par les sanctions.

Sanctions et réseaux de contrebande

Cette main-d'œuvre, interdite par les sanctions des Nations unies (ONU), est acheminée par un réseau géré depuis Moscou par l'homme d'affaires Vladimir Sokolov, qui fait l'objet de sanctions de l'Union européenne (UE). L'implication de Sokolov illustre l'enchevêtrement des individus et des réseaux qui facilitent la migration de travail nord-coréenne malgré les restrictions internationales.

Annonces en ligne et contrats de travail

Le Financial Times a trouvé sur le site KNDR.su des annonces de son groupe Black House, qui propose aux entreprises des équipes « de 50 à 100 travailleurs, disponibles 12 heures par jour et 28 jours par mois ». Ces employés, promet l'annonce, « ne nécessitent aucun coût supplémentaire », soulignant l'attrait économique de cette main-d'œuvre pour les employeurs potentiels.