Le parcours et les convictions de Caroline Goldman

La psychologue Caroline Goldman, connue pour ses travaux en éducation positive, défend un style éducatif qui allie affection et autorité, et qui sait gérer la frustration. Elle s'est exprimée à plusieurs reprises sur ce qu'elle considère comme les excès de l'éducation positive, ce qui l'a placée sous le feu des projecteurs. Sa famille a une solide tradition en psychologie : sa grand-mère paternelle a étudié la discipline à 67 ans, et sa mère est devenue pédopsychologue sous l'influence de sa belle-mère.

L'enfance de Goldman et les influences familiales

Goldman décrit son enfance comme heureuse, empreinte d'humour, d'amour, de liberté et de plaisirs partagés. Elle est l'aînée d'une famille très unie. Son père, Jean-Jacques Goldman, a probablement été influencé par la psychanalyse, qui lui a permis de comprendre l'âme humaine et d'enrichir son écriture. Beaucoup de femmes de sa famille travaillent dans le domaine du soin, comme psychologues ou pédiatres, et elle estime que comprendre le psychisme aide à prévenir des situations relationnelles douloureuses.

L'intérêt de Goldman pour le travail auprès des enfants

Goldman s'est intéressée au travail avec les enfants parce qu'elle considère que s'occuper d'un enfant revient à porter vingt années de fonctionnement psychique qui peuvent devenir, et rester, heureuses. Hésitant au départ entre le travail avec les enfants et celui avec les adultes, elle a découvert que ce qui la fascinait était l'accompagnement des relations parents-enfants. Elle trouve ce travail profondément utile et toujours stimulant.

L'approche thérapeutique de Goldman

La thérapie de Goldman commence par l'accueil d'un enfant et de ses parents, uniquement si l'enfant présente des symptômes. Elle mène un entretien préliminaire de trois heures, au cours duquel elle explore l'histoire de l'enfant, ses relations et son quotidien. Elle fait parler, dessiner et jouer l'enfant, puis propose un diagnostic, une hypothèse sur l'origine du problème et des conseils à l'intention des parents. Elle insiste sur l'importance de la présence des parents dans la thérapie, et sur la nécessité de nouer une alliance avec eux pour répondre aux besoins de l'enfant.

Les observations de Goldman sur le comportement des enfants aujourd'hui

Goldman constate qu'au cours des dix dernières années, elle a vu augmenter les troubles du comportement chez des enfants qui ont tout pour être heureux. Il s'agit d'une tendance nouvelle, les troubles du comportement étant auparavant souvent liés à la dépression ou à la maltraitance. Elle attribue ce phénomène à certains messages de l'éducation positive française, qui ont conduit à des problèmes de comportement chroniques et inquiétants chez les enfants.

La critique de l'éducation positive par Goldman

Goldman critique certaines recommandations de l'éducation positive, comme l'affirmation selon laquelle tout enfant frustré par ses parents risque des lésions cérébrales irréversibles. Elle soutient qu'un tel discours restreint la capacité des parents à exercer leur autorité et favorise des troubles du comportement comme l'agitation, l'insolence et l'intolérance à la frustration. Ces difficultés aboutissent souvent à un rejet social et à un sentiment d'exclusion vis-à-vis des camarades et des enseignants.

La position de Goldman sur le time out

Goldman défend depuis vingt ans la pratique du time out, qu'elle juge efficace pour lutter contre la violence éducative. Elle la recommande à tous ses supervisés, en invoquant les données scientifiques qui en soutiennent l'usage. Elle met toutefois en garde : le time out peut être source de détresse s'il est mal appliqué, en particulier avec un enfant dépressif ou psychotique. Elle critique certains gourous de l'éducation positive pour la diffusion de informations erronées sur la manière de gérer la crise d'un enfant.

La réponse de Goldman aux critiques

Goldman reconnaît le risque d'être perçue comme accusant les parents, mais elle affirme que ceux-ci sont pleinement conscients de leur rôle dans la souffrance de leur enfant. Elle souligne qu'ils sont responsables à la fois du malheur et du bonheur de leur enfant, et qu'ils détiennent la clé pour améliorer les choses. Elle note également que les psychanalystes ont besoin de davantage de formation en matière de tact et de communication avec les parents. Son approche, qui consiste à tisser des liens chaleureux avec les enfants comme avec les parents, a porté ses fruits : aucune plainte n'a été déposée parmi les trois mille dossiers de ses patients.