L'AVC tue plus de Françaises que le cancer du sein

En France, l'accident vasculaire cérébral (AVC, aussi appelé accident vasculaire cérébral aigu) tue davantage de femmes que le cancer du sein : environ 18 000 femmes meurent chaque année d'un AVC, contre 12 000 d'un cancer du sein, selon Santé publique France. Après 75 ans, les femmes sont plus touchées que les hommes, et la maladie ne frappe pas les deux sexes au même âge.

Les femmes plus exposées à de graves handicaps

Globalement, davantage de femmes meurent d'un AVC et en gardent plus souvent de lourds handicaps. Pourtant, les femmes tardent encore à appeler les secours lorsqu'elles remarquent pour la première fois les symptômes. « Il existe un facteur sociologique : les femmes ont tendance à faire passer la vie familiale avant leur santé », a relevé un praticien. « Face à un AVC, chaque minute perdue signifie deux millions de neurones perdus et des kilomètres de câblage cérébral perdus. »

Les facteurs hormonaux augmentent le risque d'AVC chez les femmes

Trois facteurs hormonaux de la vie des femmes – la prise de la pilule, la grossesse et la ménopause – contribuent au risque d'AVC. Outre les facteurs de risque habituels communs aux hommes et aux femmes (hypertension artérielle, diabète, tabagisme), les femmes présentent des vulnérabilités liées aux changements hormonaux. Concernant la pilule : « Il est vraiment important de faire preuve de prudence lors de la prescription de la pilule œstroprogestative ou combinée aux femmes qui fument ou souffrent de migraines avec aura », a mis en garde un neurologue.

La grossesse et la ménopause, facteurs de risque

Grossesse : « Pendant la grossesse, une hypertension gestationnelle peut se développer, pouvant déclencher une pré-éclampsie. Cela augmente le risque d'AVC pendant la grossesse et les jours qui suivent, mais aussi tout au long de la vie par la suite. » La grossesse favorise également la prise de poids et le diabète. Ménopause : « C'est également une étape clé en raison de la baisse des œstrogènes et de la modification du profil métabolique. La prise de poids fait monter la tension artérielle, le mauvais cholestérol augmente et le bon cholestérol diminue. »

La migraine avec aura et la fibrillation auriculaire, des facteurs de risque propres aux femmes

La migraine avec aura et la fibrillation auriculaire sont deux facteurs de risque propres aux femmes. « On ne sait pas exactement pourquoi la migraine avec aura modifie le risque vasculaire », a expliqué le spécialiste. « Plusieurs pistes de recherche sont explorées : un effet sur la paroi des artères, des mécanismes génétiques communs, ou une fréquence accrue de foramen ovale perméable, une particularité anatomique du cœur pouvant accroître le risque chez les jeunes. »

Des symptômes atypiques retardent le diagnostic chez les femmes

La fibrillation auriculaire, généralement plus fréquente chez les hommes, est plus dangereuse chez les femmes : elle multiplie par 2 le risque d'AVC chez les femmes, contre 1,5 chez les hommes. Près de 30 % des femmes présentent des symptômes atypiques. Selon l'Inserm, près de 30 % des femmes présentent des symptômes dits atypiques : fatigue soudaine, vertiges, état de confusion, ou parfois douleurs thoraciques. « Comme les femmes sont plus enclines à se dire stressées, leurs symptômes peuvent être attribués à un stress excessif ou à une migraine avec aura. Ce diagnostic tardif explique que les femmes arrivent plus tard à l'hôpital, meurent plus souvent ou gardent des handicaps plus sévères », a relevé la Dre Karine Blanc-Lasserre.

Reconnaître les symptômes de l'AVC est essentiel

AVC : « Il est possible de réduire les risques de 80 %. » Mécaniquement, un AVC correspond à un arrêt de la circulation sanguine dans le cerveau : « Dans 80 % des cas, une artère se bouche. Si elle n'est pas débouchée rapidement, cela provoque un infarctus cérébral. Dans 15 % des cas, l'artère se rompt et provoque un hématome qui endommage la partie du cerveau touchée. »

Les changements de mode de vie peuvent réduire le risque d'AVC

En raison du vieillissement de la population, du stress chronique, de la pollution et de la consommation de cannabis chez les jeunes, les projections indiquent une hausse de 50 % des cas d'ici 2050. Le spécialiste tempère : « En suivant correctement les prescriptions du médecin, il est possible de réduire les risques de 80 %. Ces habitudes de vie consistent d'abord à surveiller régulièrement sa tension artérielle (principal facteur de risque et cause directe de l'AVC), à consommer des fruits et légumes, à ne pas fumer, à pratiquer au moins 30 minutes de marche trois fois par semaine et à limiter la consommation d'alcool. »