La croissance des énergies renouvelables ralentit faute de réseaux obsolètes ; les difficultés de la Chine révèlent un goulot d'étranglement critique pour le déploiement des énergies propres.
Ralentissement de la croissance des énergies renouvelables en 2026
Après cinq années de croissance record, le déploiement des énergies renouvelables connaît un ralentissement sans précédent en 2026, selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Il s'agit d'un changement important dans le paysage énergétique mondial.La capacité renouvelable mondiale atteint des niveaux record
En 2025, le monde a ajouté 692 gigawatts de capacité de production d'énergie renouvelable, portant le total à 5 149 gigawatts. Cela représente une hausse de 15,5 %, et met en évidence la place croissante des énergies renouvelables dans les nouvelles infrastructures électriques.Le réseau électrique chinois peine face à la surproduction renouvelable
La Chine, qui représente plus de 40 % de la capacité renouvelable mondiale, est confrontée à un problème critique : son réseau électrique ne parvient pas à absorber la grande quantité d'énergie solaire et éolienne produite. Au premier semestre 2026, le pays a rejeté suffisamment d'électricité renouvelable pour alimenter le Mexique pendant une année entière.Les difficultés du réseau ne se limitent pas à la Chine
D'autres pays, dont l'Australie et le Japon, rencontrent également des difficultés pour intégrer les énergies renouvelables à leurs systèmes électriques. En Australie, les panneaux solaires installés sur les toits ont saturé les réseaux locaux, tandis que la géographie du Japon et ses infrastructures vieillissantes compliquent le développement de l'éolien en mer.L'Europe accélère la modernisation de ses réseaux
Face à ces défis, l'Europe accélère la modernisation de ses infrastructures électriques. La Commission européenne estime que 584 milliards d'euros seront nécessaires d'ici 2030 pour adapter les réseaux du continent aux objectifs de décarbonation.Les infrastructures accusent un retard sur la construction renouvelable
Le temps nécessaire à la construction de lignes de transport à haute tension, entre cinq et dix ans, dépasse largement le délai de mise en service d'une centrale solaire, qui peut être opérationnelle en moins de deux ans. Ce décalage crée un déséquilibre structurel dans le secteur de l'énergie.L'attention se déplace vers les infrastructures
Le défi du déploiement des énergies renouvelables ne consiste plus à réduire les coûts, mais à renforcer les infrastructures et à améliorer la flexibilité des systèmes électriques. Les investissements doivent donner la priorité à la modernisation des réseaux, au stockage par batteries et aux technologies de gestion de la demande.Inquiétudes mondiales quant à l'atteinte des objectifs climatiques
L'IRENA avertit que le ralentissement en Chine pourrait freiner les efforts mondiaux pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Les scénarios visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C reposent sur une électrification rapide et une croissance soutenue des énergies renouvelables, qui pourraient être compromises par des retards prolongés.Des analystes y voient des avantages potentiels
Certains analystes considèrent ce ralentissement temporaire comme une occasion de corriger les faiblesses des infrastructures et de poser les bases d'une expansion durable. L'efficacité des investissements que les gouvernements engageront déterminera si cette période mènera à un ralentissement plus profond ou à un avenir énergétique plus résilient.