Un procès a débuté à Pau concernant une collision ferroviaire survenue à Denguin, dans les Pyrénées-Atlantiques, en 2014, ayant fait 36 blessés. La Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et sa filiale SNCF Réseau, qui gère la ligne ferroviaire, comparaîtront devant le tribunal correctionnel à partir de lundi pour répondre de poursuites pour « blessures involontaires ». L’accident s’est produit le 17 juillet 2014, lorsqu’un train régional en provenance de Dax à destination de Tarbes est entré en collision avec un TGV (Train à Grande Vitesse) à une vitesse de 95 km/h. L’incident est dû à un signal qui est passé au vert, autorisant le train régional à avancer alors qu’il aurait dû rester à l’arrêt. Le conducteur du train régional a aperçu l’arrière du TGV à 350 mètres devant lui, émergeant d’une courbe, et a immédiatement actionné le freinage d’urgence. Cependant, la collision n’a pu être évitée. Un rapport final du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a identifié comme cause principale un dysfonctionnement du système de signalisation, imputé à la présence de rongeurs dans les armoires abritant les équipements électriques. Des fils dénudés par les rongeurs sont entrés en contact, provoquant le passage au vert du signal. Le rapport conclut que les opérations de maintenance n’avaient « pas suffisamment pris en compte les dommages que pouvaient causer les rongeurs aux câbles des postes de signalisation ». Après dix ans d’enquête, la SNCF et SNCF Réseau ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel en 2024 pour avoir « insuffisamment déployé de moyens » pour faire face au risque lié aux rongeurs. Le procès, qui durera jusqu’au vendredi 9 octobre, implique des entités ayant changé de nom depuis 2014. À la suite de l’accident, la SNCF a mené une importante campagne d’inspection et de restauration des équipements de signalisation, révélant que 36 % des installations présentaient des traces d’activité de rongeurs, et que dans 5 % des cas, des fils étaient endommagés. Philippe Valent, représentant la SNCF, a indiqué que les débats seront « très techniques », axés sur ce qui aurait pu provoquer le feu vert en question. Au total, 228 passagers, dont 178 se trouvaient à bord du TGV, étaient présents dans les deux trains. Une personne a été grièvement blessée, nécessitant six mois d’incapacité totale de travail (ITT), tandis que les 35 autres ont subi des blessures légères. Des accords à l’amiable ont été conclus entre certaines victimes et la SNCF pour des indemnisations. Cet accident, jugé douze ans après les faits, a été qualifié par Gérard Chemla, qui représentera la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs, de « cas extrêmement mal géré par la justice », arrivant à l’audience à un moment où il « n’a plus de sens ». Cependant, Chemla insiste sur la nécessité de faire preuve de « persévérance », soulignant qu’« il est trop simple de dire qu’il n’a plus d’intérêt quand on a attendu si longtemps ».