Nombre de personnes placées en garde à vue et comparutions

Environ cent personnes ont été interpellées lors des événements du 17 octobre, mais seuls treize dossiers ont donné lieu à des comparutions immédiates, lundi 19 et mardi 20 octobre, au tribunal judiciaire de Toulouse.

Peines pour vol et violences

Six personnes ont été condamnées à des peines de prison pour vol, violences ou rébellion. Ces lourdes condamnations servent d'avertissement avant le second acte du mouvement social, prévu le 24 octobre.

Trois mois de prison pour un doudoune

Trois mois de prison ferme pour une doudoune. Le premier dossier lié au 17 octobre, jugé mardi, a donné le ton de la journée. D'emblée, le président du tribunal, Fabrice Rives, a évoqué « un contexte d'émeutes, de pillages et de quasi-guerre civile ».

Les faits reprochés et les déclarations du prévenu

Dans cette atmosphère, Mario-Rafael comparaissait pour le vol d'une doudoune dans un magasin du centre-ville, lequel avait été dégradé pendant la manifestation. En garde à vue, il avait déclaré ne pas avoir participé à la manifestation.

Aveu et regret

À l'audience, le jeune homme de 20 ans, né en Roumanie, les cheveux peignés en arrière et une petite moustache, a reconnu les faits et exprimé ses regrets : « Je n'ai pas réfléchi. » Pour le procureur, qui reconnaît que les dégâts causés par le jeune homme sont « limités », il a agi par opportunisme : « Il n'a commis aucune dégradation, mais un vol. Il n'a pas eu le courage de casser lui-même le magasin, mais il a profité de la situation. »

Plaidoirie de la défense

L'avocate de Mario-Rafael, Me Johana Abraham, a demandé au tribunal de s'en tenir aux faits jugés. « J'ai rarement eu aussi peur avant une audience à cause du contexte. J'ai entendu les déclarations du ministre de la Justice qui se félicitait des gardes à vue. Oui, vous jugerez un contexte. Mais avant tout, vous devez juger M. et lui seul, en fonction des faits qui lui sont reprochés. Les plus violents ne sont pas là, ils en ont l'habitude, ils savent gérer. »

La peine et ses implications

Alors que le parquet avait requis six mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d'intérêt général, le jeune homme, malgré un casier judiciaire vierge, a été condamné à trois mois de prison avec mandat de dépôt. « On ne peut pas laisser la ville aux pillards », a déclaré le président après le prononcé de la peine.

Réactions à la condamnation

Mario-Rafael a été menotté à la barre puis conduit au dépôt du tribunal. « C'est violent, c'est une peine d'exemplarité », a réagi Me Abraham, interrogée par Mediacités, qui a annoncé qu'elle demanderait un aménagement de peine ou une libération conditionnelle. « Plus largement, je suis indignée par les décisions qui sont prises. N'importe quelle peine peut être prononcée sans justification et sans personnalisation. Les événements du 17 octobre sont sanctionnés comme un seul et même... »