L’Agglo du Gard rhodanien recentre ses priorités, passant d’un rôle principalement centré sur les services à celui de pôle majeur pour des projets industriels et de développement, selon son président, Christophe Serre. Cette transition s’inscrit dans le cadre de ses projets pour la prochaine phase de son mandat, entamée après son élection le 7 avril. L’accent est mis sur la structuration et le développement de projets industriels dans la zone de Marcoule, s’appuyant sur des initiatives antérieures comme l’installation de MGH Energy sur l’ancienne friche Arcelor, propriété de l’Agglo. Serre qualifie ce projet de « meilleur que ce qui peut être réalisé sur place », soulignant son potentiel à répondre aux besoins économiques futurs, à créer des emplois et à dynamiser l’industrie. Toutefois, il précise que le projet n’en est qu’à ses débuts, avec de nombreuses étapes procédurales à venir, notamment en matière de sécurité pour le public et l’environnement. En plus de MGH Energy, une autre entreprise, Hexana, avance son projet de petit réacteur modulaire (SMR), et une seconde société, non nommée, s’est jointe à la phase de consultation avec le CEA Marcoule pour soutenir l’initiative. Bien que le projet de réacteur nucléaire EPR2 à Tricastin ne fasse pas directement partie des plans de l’Agglo, il devrait influencer la région. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie territoriale plus large, dont le plan finalisé et soumis au vote en juin 2027 définira les principaux axes de développement et d’expertise de l’Agglo. Pour stimuler la croissance économique, l’Agglo crée une Société d’investissement pour l’innovation. Elle prévoit d’y contribuer à hauteur de 2 millions d’euros sur un total de 8 millions, tout en recherchant des partenaires publics pour compléter cet investissement. Les 50 % restants proviendront du secteur privé. L’Agglo cherche également de nouveaux terrains pour des zones économiques, avec des sites envisagés au sud de Bagnols et sur les friches de Laudun-l’Ardoise. La gestion de l’eau constitue une préoccupation majeure, alors que la délégation de service public pour l’eau doit s’achever en 2027, ce qui pourrait entraîner une unification des tarifs des services d’eau. Actuellement, les 44 communes de l’Agglo appliquent 44 tarifs différents, allant de trois euros par mètre cube à deux fois ce montant. Serre estime que les investissements nécessaires sur les réseaux d’eau au cours de la prochaine décennie pourraient atteindre environ 250 millions d’euros, financés en partie par les économies réalisées grâce à la redevance incitative. Cette dernière a permis de réduire la quantité de déchets ménagers traités, passant de 21 000 à 10 000 tonnes depuis 2024. Parmi les autres projets, on compte le Mémorial des Harkis, pour lequel un architecte a été sélectionné pour ce projet de 4 millions d’euros, ainsi qu’une crèche à Tavel, capable d’accueillir 40 enfants et dont le coût s’élève à 2,3 millions d’euros, financé à moitié par la Caf. Concernant les piscines, la commune de Laudun-l’Ardoise est la seule à avoir proposé un site, qui fera l’objet de discussions ultérieures. À Bagnols/Cèze, plusieurs projets sont actuellement bloqués en raison de tensions avec la majorité locale. Le nouveau musée Albert André, géré par la ville, se trouve dans un état de « statu quo », tandis que la crèche Vigan Braquet, endommagée par un incendie en 2024, doit faire l’objet de rénovations et de mises aux normes énergétiques pour un coût de deux millions d’euros. Une délégation du Mas des Agriculteurs à Bagnols/Cèze est également en cours. Parallèlement, la démutualisation des services progresse, avec une réunion des directeurs généraux des services organisée le 5 octobre.