Les États-Unis menacent de démanteler la CPI, tout en autorisant son usage de technologies américaines. Ces exceptions soulèvent des questions sur l'influence politique et les inquiétudes du secteur technologique.
Rubio menace de démanteler la CPI
En juillet, Marco Rubio a déclaré dans une tribune publiée par le Wall Street Journal que les États-Unis démantèleraient la Cour pénale internationale (CPI) « pierre par pierre si nécessaire », affirmant que la CPI menaçait la souveraineté américaine.L'opposition américaine à la CPI
Les États-Unis, qui ne sont pas partie à la CPI, s'opposent depuis longtemps à cette institution, une opposition qui s'est intensifiée sous l'administration Trump. Celle-ci a cherché à empêcher la CPI d'enquêter sur les actions américaines en Afghanistan et sur celles d'Israël à Gaza, ce qui a entraîné une série de sanctions contre la Cour.Des sanctions visant le fonctionnement de la CPI
Ces sanctions visaient d'abord les juges de la CPI, puis, début octobre, l'ensemble de l'institution. Elles avaient pour but de restreindre l'accès de la CPI aux plateformes numériques et bancaires américaines, dans l'objectif de paralyser son fonctionnement dans un délai de six mois, selon Reuters, qui cite Rubio.Des exceptions accordées pour les services technologiques
Selon le quotidien néerlandais De Volkskrant, qui a publié son article le 26 octobre, les États-Unis ont employé « le langage de la force » mais ont accordé des « exceptions, en toute discrétion », permettant à la CPI de continuer à utiliser des services technologiques américains. Ces exceptions, précisées dans un document du département du Trésor américain cité par ce journal progressiste, autorisent les transactions nécessaires à la fourniture, à l'achat, au développement, à l'installation, à l'exploitation, à la maintenance ou à la réparation de logiciels d'entreprise liés à la CPI.Le secteur technologique influence la politique américaine
Selon un professeur de droit interrogé par De Volkskrant, ces exceptions résultent probablement des pressions du secteur technologique américain, qui craint des conséquences économiques si ses services deviennent trop fragiles. Fait notable, ces exceptions ne s'appliquent pas aux 13 responsables ou anciens responsables de la CPI sanctionnés individuellement par les États-Unis, qui restent privés de l'accès aux services de sociétés comme Microsoft, Google, Amazon, Booking ou Airbnb.La CPI face à des défis internes et externes
Le quotidien néerlandais souligne également que les Pays-Bas ont une « obligation morale » de défendre la CPI face aux actions de Trump. Par ailleurs, Karim Khan, procureur en chef de la CPI, fait l'objet d'appels à sa destitution à la suite d'allégations d'inconduite sexuelle. Son éventuel départ serait perçu comme une victoire pour les États-Unis et Israël. Navi Pillay, lauréate sud-africaine du prix Nobel de la paix, est décrite comme « la conscience des bellicistes ».