La Grande Librairie, l’émission présentée par Augustin Trapenard sur France 5, sera diffusée le 9 septembre à 21 h 05. L’épisode s’intéresse à la concentration croissante du pouvoir dans les secteurs de l’édition, de la presse et de la culture, ainsi qu’aux nouveaux défis auxquels sont confrontés les écrivains. Il met en lumière la mobilisation des auteurs face à ces enjeux, notamment les protestations qui ont suivi le licenciement brutal d’Olivier Nora, directeur des éditions Grasset, par Vincent Bolloré en avril de l’année précédente. Cet événement a donné naissance au Collectif États Généreux, un groupe d’auteurs de renom incluant Virginie Despentes, Philippe Claudel, Tania de Montaigne, Laurent Binet et Hervé Le Tellier. Leur ouvrage collectif, La grande évasion (Buchet Chastel), aborde la crise actuelle du secteur littéraire et appelle à une réévaluation du statut précaire des écrivains ainsi qu’à des solutions pour garantir leur indépendance. Le premier livre d’Adèle Haenel, Viser juste (L’Arche), raconte l’histoire d’une femme qui brise le silence après des années d’agressions pédocriminelles, de déni de la part des adultes et de complicité d’un système qui l’a trahie. L’ouvrage est présenté comme le récit d’une reconquête par les mots, le corps et la sensibilité, à travers l’art, la philosophie et l’amitié. Philippe Jaenada, auteur notamment de La petite femelle (Julliard), La Serpe (Julliard) et Au printemps des monstres (Mialet-Barrault), publie L’inconnue du quai de Javel (Flammarion), une enquête sur le meurtre non élucidé de Louise Cansot, une jeune Bretonne devenue modèle pour les peintres de Montparnasse, retrouvée morte sur les berges de la Seine en septembre 1949. Ce livre est un hommage aux oubliés, qu’ils soient acteurs de l’Histoire ou simples figurants. Le roman JE (Gallimard) de Lilia Hassaine propose une réinterprétation de Jane Eyre de Charlotte Brontë, donnant la parole à la première épouse de Rochester, une jeune Créole née en Jamaïque au début du XIXe siècle, enfermée au troisième étage du manoir de son époux. L’œuvre interroge la violence psychologique menant au désespoir et à la folie d’une femme. Ananda Devi, lauréate du prix Neustadt en 2024, explore la question de la liberté dans Chronique d’un royaume perdu (Grasset), qui revisite l’histoire de son île natale sous la forme d’un mythe. Ce livre est décrit comme une fresque familiale à la fois grandiose et terrifiante, ainsi qu’un chant d’amour et de révolte. L’émission met également en avant la librairie La Dévoreuse à Angers (49), ouverte il y a neuf mois avec une ligne éditoriale engagée en faveur des voix minoritaires. Les libraires y sélectionnent avec soin chaque ouvrage pour mettre en avant des perspectives diversifiées. Enfin, le programme donne la parole à Lubin Bellier, finaliste de la deuxième saison du concours Si on lisait à voix haute ?, qui lira un extrait du Chien jaune de Georges Simenon, un classique de la série des Maigret.