Les entreprises de consommation limitent la répercussion des coûts

La Banque centrale européenne (BCE) constate que près de 90 % des entreprises tournées vers les consommateurs ne répercutent que partiellement la hausse de leurs coûts sur leurs clients, en recourant à différentes stratégies pour gérer l'augmentation des dépenses.

Détails de l'enquête et calendrier

Le Bulletin économique de la BCE résume des entretiens menés avec des représentants de 64 grandes entreprises non financières de la zone euro, réalisés principalement entre le 28 septembre et le 7 octobre 2026. Ces échanges mettent en évidence la hausse des prix de vente, mais aussi la résistance des clients face aux augmentations de prix.

Facteurs de coûts et effets sur les contrats

La BCE note que les coûts de l'énergie, des transports et de la logistique constituent les principales sources de pression. Les entreprises doivent parfois renouveler d'anciens contrats ou des couvertures financières, ce qui signifie que les hausses de coûts peuvent se poursuivre même si les prix du marché se stabilisent.

Différences sectorielles dans la transmission des coûts

Environ neuf entreprises tournées vers les consommateurs sur dix déclarent ne répercuter que partiellement leurs coûts, contre moins de la moitié des entreprises qui vendent à d'autres entreprises. La faiblesse de la demande et la concurrence sont citées comme les principales raisons de cet écart.

Comportement des consommateurs en France et en Allemagne

Les consommateurs français et allemands sont particulièrement sensibles aux prix, cherchant souvent des alternatives moins chères ou reportant leurs achats. Les dépenses en meubles et en électroménager sont faibles, tandis que les services numériques restent plus résistants aux hausses de prix.

Confiance et tendances des achats importants

La confiance des ménages français est tombée à 80 points en octobre, contre 85 en septembre. Les consommateurs sont moins enclins à effectuer des achats importants, ce qui reflète une incertitude économique plus générale.

Les détaillants concilient compétitivité et coûts

Les détaillants doivent préserver leur compétitivité sans absorber toutes les hausses de coûts. Leurs réponses dépendent du type de produit, des contrats avec les fournisseurs et de la concurrence locale. Les hausses de prix ne se traduisent pas toujours par des étiquettes de prix équivalentes pour les clients.

Des pressions sur les coûts attendues à se maintenir

Si la BCE anticipe un ralentissement de la hausse des prix au quatrième trimestre 2026, de nombreuses entreprises s'attendent à ce que les pressions sur les coûts persistent en 2027. Parmi les facteurs figurent l'expiration de contrats énergétiques, la hausse des coûts agricoles et les tarifs des fournisseurs.

Tendances de l'investissement et de l'emploi

Les entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle, les équipements électriques, la défense et l'aérospatiale font état d'une forte demande, tandis que des secteurs comme la chimie, le textile et l'agroalimentaire peinent face aux coûts et à la concurrence. L'emploi recule globalement, même si les secteurs spécialisés connaissent davantage de demande.

Anticipations salariales et défis à venir

Selon les prévisions des entreprises, les hausses de salaires attendues sont d'environ 3,0 % pour 2026 et de 2,9 % pour 2027. Le prochain défi pour les entreprises françaises consistera à décider comment gérer les hausses de coûts attendues : les absorber, les négocier ou les répercuter sur les clients.