Dans la région de Bretagne, les moineaux domestiques se sont adaptés aux milieux urbains : selon l’encyclopédie citée dans un récent recensement, 80 % d’entre eux nichent désormais dans les bâtiments plutôt que dans les falaises naturelles. Ces nids sont souvent construits dans les conduits de cheminée, ce qui peut entraîner des problèmes sérieux comme l’obstruction des conduits, l’accumulation de monoxyde de carbone, voire des incendies. Un nid construit au printemps peut rester dans le conduit bien après le départ des jeunes oiseaux, généralement entre 30 et 45 jours après l’éclosion. Cette situation a poussé les autorités locales à envisager des solutions alternatives pour résoudre le problème sans nuire aux oiseaux. Le moineau domestique, désormais plus présent en milieu urbain, a vu sa population augmenter de manière significative entre 1954 et 2010. En plus des problèmes liés à la nidification, ces oiseaux causent également des dégâts aux cultures, notamment aux jeunes plants de maïs, ce qui crée des tensions avec les agriculteurs en Bretagne et dans le Pays de la Loire. Pour prévenir les risques d’intoxication au monoxyde de carbone et d’incendie, certaines communes conseillent aux habitants d’inspecter leurs cheminées avant la première utilisation de la saison. Parmi les recommandations figurent l’isolation des conduits, leur couverture avec des grilles solides, ainsi que l’installation de détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone. En 2026, quatre préfectures bretonnes avaient autorisé l’abattage de 10 500 moineaux domestiques, mais cette décision a rapidement été contestée devant les tribunaux. Le tribunal administratif de Rennes a suspendu ces arrêtés, invoquant des doutes sur la légalité de la mesure et l’absence de preuve que les méthodes alternatives avaient échoué. Des décisions similaires avaient déjà été rendues en 2024 et 2025 par d’autres tribunaux, à la suite d’appels d’associations environnementales comme Bretagne Vivante, la LPO Bretagne et One Voice. Ces groupes s’appuient sur une étude de l’Université de Rennes 1, publiée en 2022, qui conclut que l’abattage des moineaux était largement inefficace et recommande plutôt de se concentrer sur la prévention de l’accès aux sites de nidification et la gestion des zones d’alimentation en milieu agricole. Comme alternative à l’abattage, le projet Fonds Vert, soutenu par la DREAL pour la période 2025–2027, teste des solutions telles que l’installation de grilles sur les cheminées pour empêcher les moineaux de nicher. Cette initiative associe la LPO Bretagne, l’Université de Rennes 1 et la Chambre d’agriculture de Bretagne. L’objectif est de bloquer l’accès aux cavités utilisées par les moineaux pour nicher, réduisant ainsi le risque d’obstruction des conduits en automne. Bien que le projet en soit encore à la phase de test, il représente une approche prometteuse pour résoudre le problème sans nuire aux oiseaux. Pour l’instant, l’efficacité des grilles sur les cheminées reste à évaluer, mais elles sont considérées comme une option viable.