La Côte d’Ivoire a créé PETROCI CI-26, une nouvelle filiale de PETROCI Holding, pour exploiter le bloc pétrolier CI-26 et son champ Espoir, situé près de Jacqueville. Cette filiale prend désormais en charge un gisement qui était auparavant géré par l’entreprise canadienne CNR. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ressources pétrolières et gazières, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des sociétés étrangères. Depuis 2012, le président Alassane Ouattara place le développement du secteur des hydrocarbures au cœur de la croissance économique du pays. Cette politique s’est traduite par la modernisation du Code pétrolier et l’introduction d’un nouveau Code des investissements, destinés à attirer aussi bien les capitaux nationaux qu’étrangers. Entre 2011 et 2023, plus de 1 200 milliards de francs CFA ont été investis dans l’exploration pétrolière, et plus de 4 500 milliards de francs CFA dans la production. En 2021, PETROCI Holding est devenue une entreprise entièrement détenue par l’État, permettant au gouvernement d’exercer un contrôle direct sur les opérations pétrolières, au-delà de la simple perception de redevances. Une nouvelle loi favorisant le contenu local a également été adoptée pour soutenir le développement d’une base industrielle nationale dans le secteur pétrolier. La découverte du gisement pétrolier et gazier Baleine en 2021, puis du champ Calao en 2024, a permis d’accroître significativement la production pétrolière du pays. Le champ Baleine a commencé à produire du pétrole en août 2023 et a plus que doublé la production nationale, atteignant en moyenne plus de 63 000 barils par jour en 2025. Le gouvernement vise une production de 200 000 barils par jour d’ici 2028, principalement grâce à la troisième phase du projet Baleine, qui devrait porter la production de ce seul champ à 150 000 barils par jour. Cette croissance a renforcé les finances publiques, avec des recettes issues des produits pétroliers s’élevant à plus de 667 milliards de francs CFA en 2024. Plus de 90 % du pétrole produit est utilisé localement pour la production d’électricité. L’implication accrue de l’État dans le secteur pétrolier se reflète dans les nouveaux accords de partage de production, où PETROCI Holding détient initialement 10 % des parts, tandis que les entreprises étrangères assument les risques financiers liés à l’exploration. En juillet 2026, PETROCI Holding est devenue l’opérateur exclusif du bloc CI-26. Sur le champ Baleine, l’entreprise italienne Eni a cédé ses parts au groupe néerlandais Vitol en septembre 2025. Une future cession de parts à l’entreprise azerbaïdjanaise Socar, sous réserve de l’approbation du gouvernement ivoirien, porterait à terme la participation de PETROCI Holding à 22,75 %. La Côte d’Ivoire développe également son secteur aval, qui comprend le raffinage et la distribution des produits pétroliers. La Société ivoirienne de raffinage (SIR) a lancé en octobre 2025 la construction d’un complexe d’hydrodésulfuration pour un investissement de 545 milliards de francs CFA, avec pour objectif de produire du diesel conforme aux normes internationales d’ici 2030. Début 2025, la SIR a signé un accord avec l’entreprise américaine Yaatra pour la construction d’une deuxième raffinerie, visant à porter sa capacité de raffinage de 3,8 à 10 millions de tonnes par an d’ici 2030. Par ailleurs, PETROCI Holding a signé un bail de dix ans pour une unité flottante de regazéification de 152 000 m³ à Abidjan, en partenariat avec CI-Energies et le groupe belge Exmar. Depuis janvier 2026, la Côte d’Ivoire préside l’Association des pays africains producteurs de pétrole, mettant en avant le contenu local dans ses politiques énergétiques. Le pays ambitionne de devenir un exportateur net de pétrole brut d’ici 2030 et pourrait à terme rejoindre l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.