Une forteresse ourartienne mise au jour près de la Turquie

Une forteresse ourartienne de 120 000 mètres carrés est restée cachée près d'un village de l'est de la Turquie. Ses murailles s'étendent sur plus de 1,4 kilomètre. Aucune fouille n'a encore commencé. En août 2026, selon une dépêche de l'agence turque İhlas, l'archéologue Melik Mirbey Ömeroğlu a repéré une enceinte fortifiée de taille considérable près du village de Mescidli, dans la province de Muş. La découverte a été faite grâce à des images satellites, sans qu'aucune pelle n'ait été plantée dans le sol. La forteresse ourartienne identifiée pourrait relancer la recherche d'Arzaşkun, la capitale royale du premier État ourartien, dont l'emplacement est aujourd'hui inconnu et dont l'aspect l'est également.

Plan et caractéristiques de la forteresse

La forteresse couvre environ 120 000 mètres carrés. Ses murailles s'étendent en effet sur près de 1,4 kilomètre, autour d'un promontoire presque entièrement entouré d'eau. Elles atteignent jusqu'à deux mètres de hauteur côté intérieur. Côté extérieur, la pente porte les blocs jusqu'à quatre mètres. Vers le nord du site, des traces de bâtiments apparaissent, mais elles sont trop érodées pour que l'on puisse en suivre le plan. Plus au sud, une dépression circulaire d'environ vingt mètres de rayon est plus intrigante. De petites pierres recouvrent le fond. L'archéologue turc y voit un réservoir destiné à l'approvisionnement en eau de la garnison, bien qu'il ne puisse le prouver avant d'avoir foré. Les murailles elles-mêmes restent l'indice le plus révélateur pour qui veut dater l'ensemble du site.

Construction cyclopéenne et contexte historique

Ces murailles reposent sur de grands blocs à peine taillés, assemblés en polygones irréguliers. Les spécialistes qualifient cette construction de pierres très volumineuses de cyclopéenne. On la retrouve ainsi à Aşağı Anzaf et à Zivistan. Ces deux forteresses de la province voisine de Van remontent au début de l'âge du fer. La région de Van constituait alors le cœur du royaume ourartien. Entre le IXe et le VIIe siècle avant notre ère, cet État rivalisa avec l'Assyrie. Le site de Mescidli se trouve toutefois plus à l'ouest. Il occupe l'axe le long duquel les souverains ourartiens étendirent leur territoire. La route ourartienne, l'un des premiers réseaux routiers organisés de l'Antiquité, le borde en outre.

Références historiques et incertitudes

Les annales du roi assyrien Salmanazar III mentionnent Arzaşkun comme la ville royale d'Arame, le premier souverain connu d'Ourartu. Elles décrivent sa capture lors d'une campagne menée en 856 avant notre ère. Les scribes assyriens ne donnent cependant ni distance ni direction. L'emplacement de cette ville royale reste donc insaisissable pour les archéologues. Rien ne relie actuellement la ville d'Arzaşkun au promontoire de Muş. Aucune céramique n'a été datée. Le carbone 14, quant à lui, n'a reçu aucun échantillon. Cette estimation à 3 000 ans repose uniquement sur la ressemblance des murailles avec d'autres forteresses de la région. L'identification avec la capitale perdue demeure une hypothèse de travail, que son auteur présente comme devant être confirmée par des recherches complémentaires.

Protection et étapes à venir

L'archéologue a déposé une demande d'inscription auprès du conseil de Van chargé de la protection des biens culturels. Une inscription protégerait toutefois le site des labours et des fouilles illégales. Les habitants de Mescidli cultivent encore les terres environnantes. Le conseil doit maintenant examiner le dossier, dont l'avis conditionne le premier forage.