Cibler les groupes vulnérables

La campagne de vaccination 2026-2027 en France continue de donner la priorité à « la protection des populations les plus vulnérables », notamment les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques ou dont le système immunitaire est affaibli, ainsi que les femmes enceintes, selon les autorités sanitaires. Gregory Emery, directeur général de la Santé, a relevé le 8 octobre que, si des « progressions encourageantes » ont été observées, le pays doit encore atteindre les « niveaux de protection nécessaires ».

Les défis du taux de vaccination

Une étude de Santé publique France (SpF) a confirmé à la mi-septembre que ni les personnes âgées et vulnérables, ni les professionnels de santé ne sont suffisamment vaccinés contre la grippe. Cette tendance s'est aggravée à cause de la crise provoquée par le coronavirus. L'épidémie de grippe 2025-2026 a été sévère, avec 12 700 décès et une forte pression sur les hôpitaux, tandis que le coronavirus a eu un impact minime.

Nouvelle campagne et mesures

La nouvelle campagne de vaccination, qui se terminera fin janvier 2027, donne la priorité aux Français les plus à risque et aux professionnels de santé. Une obligation de vaccination annuelle pour les professionnels de santé est également en préparation, avec des textes réglementaires attendus d'ici la fin du premier trimestre 2027. Cette saison, 15 millions de doses de vaccin contre la grippe seront disponibles, soit environ un million de plus que la saison précédente.

Disponibilité et stratégie vaccinale

Cinq vaccins sont disponibles, dont deux nouveaux recommandés pour les seniors : Efluelda de Sanofi et Fluad de Seqirus. Le vaccin contre le coronavirus reste accessible à tous, y compris en dehors des groupes ciblés. La vaccination débutera alors que l'épidémie de grippe n'a pas encore commencé en France métropolitaine. « Pour l'instant, la circulation est modérée », a noté Etienne Pot, directeur général par intérim de SpF.

Tendances du virus et encouragement du public

Le coronavirus, qui a provoqué une vague épidémique de fin août à début septembre, « qui diminue d'année en année », « devient un virus dont l'évolution est moins marquée » mais « circule toute l'année », selon Etienne Pot. Cette année encore, les autorités sanitaires ont maintenu le couplage des vaccinations contre la grippe et contre le coronavirus, estimant inutile d'avancer cette dernière.

Améliorer l'accès et la confiance

Les autorités sanitaires françaises encouragent la population à se faire vacciner « dès que possible en octobre », a déclaré Gregory Emery. L'accès aux soins, la perception du risque et l'adhésion à la vaccination sont des facteurs qui peuvent constituer des freins. Pour y remédier, les médecins généralistes, les infirmiers et les sages-femmes, ainsi que les centres de santé, pourront désormais disposer de stocks de vaccins contre la grippe et le coronavirus après avoir acheté les doses en pharmacie.

Suivi et communication

La Caisse nationale d'assurance maladie a envoyé des bons d'invitation aux groupes à risque et assurera un suivi des personnes non vaccinées par courriel et par SMS. Des téléconseillers appelleront également 250 000 assurés invités pour la première fois à se faire vacciner et en situation de fragilité. Dans un contexte parfois marqué par la méfiance ou la désinformation, il est nécessaire de « créer les conditions de la confiance » dans la vaccination grâce à une « information fiable, compréhensible et transparente », a déclaré Gregory Emery. « Les fausses informations font le jeu de la perte de confiance, et moins de vaccinations, c'est plus de morts », a-t-il ajouté.