Les présidents de CCI France, Alain Di Crescenzo, et de CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, Philippe Valentin, ont exprimé leurs inquiétudes face au projet de loi de finances (PLF) 2027, qui prévoit une coupe de 125 millions d’euros dans le budget des Chambres de commerce et d’industrie (CCI). Selon Di Crescenzo, ce PLF, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, pourrait entraîner la fermeture de près de la moitié du réseau des CCI et provoquer la suppression de 2 000 emplois parmi les 13 600 salariés du réseau. À Lyon, la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne pourrait perdre environ 4 millions d’euros sur un budget total de 16 millions, soit une baisse de 25 %, a précisé Valentin. Cette réduction budgétaire intervient dans un contexte d’incertitude économique. L’indicateur d’optimisme des entreprises françaises est tombé à 57 points en septembre 2026, contre 69 en août et 108 en février 2022. Seulement 7 % des chefs d’entreprise ont confiance dans l’avenir de l’économie française, tandis que leur confiance dans leur propre entreprise s’élève à 60 %, en baisse de huit points sur un mois. Di Crescenzo a souligné que le réseau des CCI a également vu sa confiance diminuer, perdant 12 points en septembre pour atteindre son niveau le plus bas depuis la pandémie. Les petites et moyennes entreprises (PME) seraient particulièrement touchées, avec 30 % d’entre elles rencontrant des difficultés de trésorerie et procédant à des désinvestissements. Valentin a souligné que les dirigeants d’entreprise doutent de leur capacité à survivre à l’automne et ont appelé à une vision claire pour les mois à venir. La baisse des financements des CCI coïncide également avec la mise en place de la facturation électronique, effective depuis le 1er septembre. Di Crescenzo a qualifié cette mesure d’"effort supplémentaire" pour les entreprises, bien qu’il ait reconnu qu’elle pourrait être bénéfique pour les finances publiques si elle est bien menée, générant potentiellement des milliards d’euros de TVA supplémentaire. Les dirigeants des CCI tentent d’influencer l’examen du PLF, notant que presque tous les groupes parlementaires ont déposé des amendements pour protéger les CCI des coupes proposées. Le réseau des CCI, qui a soutenu plus de 1,2 million d’entreprises et de porteurs de projets en 2025, risque de se désolidariser de certaines parties de l’économie française, notamment dans les régions les plus vulnérables. La réduction des financements affaiblirait la capacité des CCI à accompagner les entreprises, former les apprentis et maintenir les services économiques locaux. En 2025, le réseau des CCI a formé plus de 500 000 personnes, dont 210 000 salariés, 133 000 apprentis, 100 000 étudiants et plus de 23 000 demandeurs d’emploi. En tant qu’acteur majeur de la formation professionnelle et des apprentissages, la baisse des ressources des CCI affecterait la formation de centaines de milliers d’apprentis et de salariés à un moment où les entreprises peinent à recruter des travailleurs qualifiés. Di Crescenzo a averti que cette réduction toucherait principalement les entreprises, les jeunes et les territoires, laissant les PME affronter seules les défis et fragilisant la formation de 500 000 personnes. Il a souligné que économiser 125 millions d’euros aujourd’hui sur l’accompagnement des entreprises et la formation pourrait coûter bien plus cher à l’économie française à l’avenir. Au cours des 15 dernières années, les ressources des CCI ont diminué de 64 %, malgré les efforts de modernisation. La nouvelle coupe budgétaire pourrait compromettre ces efforts et priver l’État d’un acteur clé du développement économique local. CCI France et l’ensemble du réseau appellent le gouvernement et les parlementaires à reconsidérer cette réduction et à garantir une trajectoire budgétaire stable pour préserver leur capacité à soutenir les entreprises, former les jeunes et accompagner le développement régional.