Volkswagen revisite ses projets en Turquie

Volkswagen, premier constructeur automobile en Europe, manifeste de nouveau son intérêt pour la production de véhicules en Turquie, un pays qu'il avait précédemment abandonné. Ce mouvement intervient alors que le groupe fait face à des difficultés financières, notamment des pertes importantes et la nécessité de réduire ses coûts.

Signature d'une lettre d'intention officielle

Le 30 octobre, l'entreprise turque Doğuş Otomotiv a signé avec Volkswagen une lettre d'intention pour étudier la possibilité de fabriquer des voitures en Turquie. Ce document n'est pas un contrat contraignant, mais il indique que les deux parties sont déterminées à examiner sérieusement le projet.

La relation de longue date entre Doğuş et Volkswagen

Doğuş importe et distribue en Turquie depuis plus de 30 ans des marques du groupe Volkswagen, comme Audi, Skoda, Seat et Porsche. L'entreprise souhaite aujourd'hui dépasser la simple distribution pour se lancer dans la production, dans le but de proposer au marché turc des véhicules avancés et riches en technologies.

Une tentative antérieure d'implantation en Turquie

En 2019, Volkswagen avait déjà prévu de construire une usine en Turquie, près de Manisa. Cette installation devait produire 300 000 voitures par an, mais le projet a été gelé en 2019 puis officiellement abandonné en 2020, en raison de la pandémie et de la baisse de la demande.

Pourquoi la Turquie reste attractive

Malgré ces revers, la Turquie présente des atouts pour les constructeurs automobiles, notamment une union douanière avec l'Union européenne, qui permet les échanges en franchise de droits de douane de biens industriels. Le pays dispose également d'une industrie automobile bien établie et d'un marché en croissance, où Volkswagen figure déjà parmi les marques les plus vendues.

La situation financière actuelle de Volkswagen

Au troisième trimestre 2023, Volkswagen a annoncé une perte de 5,9 milliards d'euros, tandis que son chiffre d'affaires a reculé de 6 % pour atteindre 75,3 milliards d'euros. Le groupe reconsidère par ailleurs son développement des véhicules électriques, ce qui rend un nouveau projet de production peu ordinaire à ce stade.

La politique européenne influence le rôle de la Turquie

Un récent accord de l'UE accorde la préférence aux voitures assemblées au sein de l'Union, en leur offrant des avantages dans le calcul des émissions. Cette mesure exclut la Turquie et le Maroc, qui sont pourtant d'importants sites d'assemblage automobile pour les constructeurs européens. Volkswagen s'est opposé à cette exclusion, en soulignant l'importance de la Turquie pour la chaîne d'approvisionnement européenne.