Depuis le 1er juillet 2007, le marché de l’énergie en France est ouvert à la concurrence, permettant aux ménages de changer librement et gratuitement de fournisseur. Si cette libéralisation a favorisé l’émergence de plateformes en ligne aidant les consommateurs à comparer les offres et à réaliser des économies, ces outils ne sont pas exempts de critiques. Frédérique Fériaud, médiatrice nationale de l’énergie, souligne que certaines plateformes perçoivent des commissions des fournisseurs lorsqu’un client s’inscrit via leur intermédiaire, ce qui peut nuire à leur impartialité. Par ailleurs, les fournisseurs ne sont pas tenus de référencer leurs offres sur ces plateformes, si bien que les listes de contrats disponibles peuvent être incomplètes. Deux plateformes se distinguent par leur transparence : Que Choisir Ensemble, qui ne perçoit aucune rémunération des entreprises pour lister des contrats ou partager des données clients, et la médiatrice nationale de l’énergie, dont l’outil de comparaison intègre des critères autres que le prix. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a mis en place un système de notation pour classer les offres en fonction de la stabilité de leurs tarifs. La meilleure note, A, est attribuée aux offres dont les prix de l’électricité et de l’abonnement sont totalement fixes, offrant une protection contre les fluctuations du marché. À l’inverse, la note D est attribuée aux offres dont les prix varient quotidiennement en fonction des cours de la Bourse ou sont laissés à la discrétion du fournisseur. La médiatrice nationale de l’énergie a intégré cette notation dans son comparateur. Lorsqu’un fournisseur propose un tarif fixe, il est essentiel de vérifier la durée de cette garantie. La période de blocage protège contre la volatilité des prix, notamment sur le gaz. Plus cette période est longue, plus la sécurité contre les hausses futures est grande, mais cela empêche aussi les consommateurs de profiter d’éventuelles baisses. Certains fournisseurs, comme Engie et Alterna Énergie, proposent actuellement une période de blocage de trois ans. Les ménages attentifs aux évolutions des prix pourraient préférer des contrats plus courts, comme des engagements d’un an. Les frais d’abonnement, distincts de la consommation d’énergie, sont souvent négligés par les petits consommateurs. Pour un foyer équipé d’un compteur de 3 kilovoltampères (kVA), ces frais peuvent représenter près de la moitié de la facture annuelle d’électricité, et plus de 32 % pour le gaz. Des plateformes comme Que Choisir Ensemble ou la médiatrice nationale de l’énergie proposent des décomptes détaillés des factures annuelles, distinguant le coût de l’énergie de celui de l’abonnement. Au-delà du prix, la qualité du service client est un critère souvent ignoré jusqu’à ce qu’un problème survienne. La médiatrice publie chaque année un taux de litiges pour chaque fournisseur, un indicateur utile pour évaluer leur fiabilité. Un nombre élevé de litiges peut signaler des pratiques commerciales douteuses, voire illégales. Le comparateur de la médiatrice intègre cette information, assortie d’une note. Les fournisseurs affichant cinq étoiles (moins de 25 litiges pour 100 000 contrats) sont généralement à privilégier. Les offres d’électricité « verte » visent à concilier consommation énergétique et responsabilité environnementale. Les fournisseurs proposant ces contrats affirment injecter dans le réseau de l’énergie renouvelable, comme l’éolien ou le solaire. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a créé un label, VertVolt, pour reconnaître les opérateurs qui promeuvent une électricité propre produite en France. Pour obtenir ce label, les entreprises doivent acheter directement de l’électricité auprès de producteurs français en quantité équivalente à ce qu’elles vendent à leurs clients. Le comparateur de la médiatrice nationale de l’énergie indique, pour chaque fournisseur, le pourcentage d’électricité issue de sources renouvelables et si l’entreprise détient le label Ademe. À ce jour, 13 contrats proposés par des entreprises comme EDF, Enercoop, Octopus Energy et Ilek ont obtenu ce label. Changer de fournisseur d’électricité est une démarche rapide, qui peut être finalisée en une quinzaine de minutes. Les consommateurs doivent disposer du point de livraison (PDL) pour l’électricité ou du point de comptage et d’estimation (PCE) pour le gaz, un numéro à 14 chiffres identifiant le logement. En l’absence de compteur communicant Linky, il faut relever l’index du compteur et le communiquer. Le nouveau fournisseur se charge des démarches pour résilier l’ancien contrat. Les particuliers ne sont soumis à aucun engagement de durée et peuvent résilier sans frais, qu’ils soient locataires ou propriétaires. Ils ont également la possibilité de changer de fournisseur autant de fois qu’ils le souhaitent dans l’année.