Une cyberattaque contre des supermarchés français a causé des millions de pertes en exploitant des failles des systèmes de réfrigération, soulignant les risques pour les infrastructures critiques.
Les supermarchés français victimes d'une cyberattaque
Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des centaines de supermarchés français ont subi des dysfonctionnements à distance de leurs systèmes de réfrigération, provoquant d'importants dégâts sur les produits surgelés et des pertes estimées à plusieurs millions d'euros. Parmi les magasins touchés figuraient des enseignes majeures comme Intermarché, Leclerc, Super U et Monoprix.Une cyberattaque exploite les systèmes de réfrigération
La cyberattaque visait les systèmes de réfrigération Danfoss, qui sont contrôlés à distance via une interface web appelée StoreView. Cette interface était exposée sur internet, ce qui a permis aux pirates d'y accéder grâce à une faille leur permettant de deviner les mots de passe à partir de l'heure et de la date.Des failles connues utilisées lors de l'attaque
Les vulnérabilités exploitées lors de l'attaque étaient connues depuis mars 2025 au moins, et une entreprise de cybersécurité, Claroty, avait présenté des scénarios similaires lors d'une conférence en août 2025. Danfoss avait déjà signalé, dès 2022, des compromissions comparables dans des magasins en Russie et en Israël.Des pirates ont manipulé les systèmes de réfrigération
Les pirates ont manipulé les systèmes de réfrigération pour déclencher en continu des cycles de dégivrage, faisant grimper les températures jusqu'à 50 °C. Cela a détruit les produits surgelés et présenté des risques d'incendie. Les attaquants ont également modifié les paramètres de surveillance du système afin d'empêcher le déclenchement des alarmes automatiques, retardant ainsi la découverte de l'incident jusqu'à l'ouverture des magasins.L'attaque s'étend à d'autres systèmes
L'agence française de cyberdéfense (ANSSI) a indiqué que l'attaque s'était étendue à d'autres équipements de gestion de la réfrigération, appartenant à des entreprises concurrentes, dont Dixell et Copeland, en exploitant des vulnérabilités et des méthodes similaires. Cela montre que le problème ne se limitait pas aux systèmes Danfoss.Des inquiétudes sur la vulnérabilité du système alimentaire
Cet incident soulève des inquiétudes quant à la vulnérabilité du système alimentaire face aux menaces numériques et à l'impact potentiel des menaces hybrides sur la sécurité alimentaire. L'attaque a perturbé la chaîne d'approvisionnement, entraînant des conséquences économiques, sanitaires et logistiques, et a nécessité des mesures d'urgence pour gérer le flux de produits frais et garantir la sécurité alimentaire.Logiciels obsolètes et risques pour les systèmes OT
L'utilisation de logiciels obsolètes et des mesures de sécurité insuffisantes dans les systèmes de technologie opérationnelle (OT) ont contribué au succès de l'attaque. Cet incident souligne l'importance de sécuriser l'accès à distance et de mettre à jour les logiciels pour prévenir de telles vulnérabilités.Nécessité de renforcer la cybersécurité des infrastructures critiques
La directive NIS2 vise à renforcer les exigences en matière de cybersécurité dans plusieurs secteurs, dont la production et la distribution alimentaires. Toutefois, la préparation opérationnelle reste essentielle pour que les entreprises atténuent les risques et assurent la continuité de leur activité face aux menaces potentielles.