Une nouvelle bande dessinée critique les élites politiques et intellectuelles, en utilisant une imagerie symbolique pour mettre en lumière les contradictions de la société et susciter le débat public.
Origine du projet de bande dessinée
Franck Bourgeron, co-auteur de la bande dessinée On n'a pas mis tant de temps que cela, explique que le projet est né après sa lecture du texte d'Hugues Jallon, au début de l'année. Les deux hommes avaient déjà travaillé dans l'édition, à des postes différents, et se connaissaient depuis plus de dix ans.Le choix de l'auteur
Bourgeron a d'abord envisagé de confier l'adaptation à un autre dessinateur, avant de décider, au terme d'une semaine de réflexion, de s'en charger lui-même. Il estime que son implication personnelle permettrait de mieux transmettre le message de l'ouvrage.Une réponse à l'état de l'opinion
La bande dessinée a été conçue en réaction à ce que les auteurs décrivent comme un point de rupture dans l'opinion publique, sur fond d'inquiétude face à un système qui semble glisser vers un État autoritaire. Bourgeron explique que les choix graphiques visent à représenter un système qui englobe intellectuels, responsables politiques et journalistes, tous perçus comme les rouages d'un mécanisme plus large.Imagerie symbolique et format
La bande dessinée recourt à des images symboliques : un crocodile incarne la cupidité, et un bulldozer symbolise la force du néolibéralisme. Conçue comme un tract plutôt que comme une bande dessinée classique, elle a été pensée pour être facilement diffusée et accessible au public.Réinventer le genre
Bourgeron souligne que la bande dessinée n'est pas une simple adaptation du livre de Jallon, mais une réinvention de la bande dessinée documentaire, un genre qui, selon lui, s'est essoufflé. Il insiste sur l'importance du dessin, qui doit contribuer au récit plutôt que se contenter d'accompagner le texte.Thèmes et message
La bande dessinée met en lumière les contradictions dans les discours et les actes de certains responsables politiques, et vise également les intellectuels. Certaines personnalités ne sont pas nommées, afin d'inciter les lecteurs à mener leurs propres recherches. Le récit s'achève sur une scène où un courtisan danse un ballet, suggérant un cycle qui pourrait être inévitable.Le regard de l'auteur
Bourgeron se dit prudemment optimiste, en évoquant les récentes manifestations et la créativité des jeunes militants. Il ne croit pas que Marine Le Pen deviendra présidente de la République dans six mois.