Le Maison bien-être, situé au 7 Francis-Davso dans le 1er arrondissement de Marseille, est l’un des cinq espaces d’accompagnement proposés par la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, une antenne locale d’une organisation nationale française de lutte contre le cancer. Ouvert depuis 2021, il occupe un espace de 200 mètres carrés au siège départemental de l’association et accueille en moyenne entre 400 et 500 adhérents. La fréquentation des structures départementales a augmenté de 18 % par rapport à 2025, notamment avec l’ouverture d’un dispositif d’accompagnement à La Ciotat. La Maison bien-être propose des activités et un accompagnement de soutien aux personnes touchées par un cancer, dès l’annonce du diagnostic et jusqu’à deux ans après la rémission. Les services incluent un soutien psychologique, des soins capillaires, des activités sportives adaptées, des ateliers socio-esthétiques ou culinaires, et chaque adhérent s’acquitte d’une cotisation annuelle symbolique de 20 euros. Chaque bénéficiaire dispose d’un forfait de quatre ateliers par an. Une fois par mois, un accompagnement à la reprise professionnelle aide les personnes concernées à se repositionner sur le marché du travail, et une diététicienne intervient également avec des ateliers culinaires. La Ligue privilégie un accompagnement de soutien qui s’intègre dans son cadre d’intervention, excluant des pratiques comme les coupeurs de feu, la réflexologie ou le massage. Les services viennent compléter les traitements médicaux et se concentrent sur les activités du quotidien et les soins. La tranche d’âge la plus représentée parmi les bénéficiaires est celle des 40-59 ans, qui représente 41 % des membres. Les 60-74 ans comptent pour 32 %, devant les 74 ans et plus (13 %), les 25-39 ans (12 %) et les 18-24 ans (2 %). Parmi les personnes actuellement accompagnées, 193 sont identifiées comme atteintes d’un cancer du sein. Toutefois, de nombreux dossiers d’adhérents ne précisent pas le type de cancer, ce qui rend ce chiffre indicatif plutôt que précis. Le lieu soutient les personnes tout au long de leur parcours de soins, mais aussi dans les mois qui suivent, en les orientant vers d’autres structures comme les maisons sport-santé ou les dispositifs de coordination d’accompagnement. Laure Youinou, socio-esthéticienne depuis plus de vingt ans et spécialisée en oncologie et soins palliatifs, travaille à la Maison bien-être depuis trois ans. Elle intervient également en milieu hospitalier, notamment dans le service de chimiothérapie de la clinique Casamance à Aubagne. Son rôle consiste à pratiquer l’esthétique pour accompagner une population souffrant de douleurs physiques, psychologiques ou morales. Avant chaque atelier, elle fait le tour de la table pour connaître les traitements en cours des participantes, adaptant ses conseils à la nature des traitements et à leur stade d’avancement. La perte des cils et des sourcils, notamment lors des chimiothérapies pour un cancer du sein, peut modifier les habitudes de maquillage. Laure Youinou recommande d’éviter le mascara lorsque les cils commencent à tomber, car il peut les alourdir. Ses conseils portent aussi sur les soins de la peau, notamment pour lutter contre la sécheresse cutanée provoquée par certains traitements. Les participantes apprennent à adapter leurs gestes et à choisir des produits compatibles avec leur situation. À l’occasion du Mois rose (Pink October), la Ligue rappelle l’importance du dépistage du cancer du sein, encourageant les femmes âgées de 50 à 74 ans à participer au dépistage organisé, basé sur une mammographie tous les deux ans en l’absence de risque particulier nécessitant un suivi spécifique. Le cancer du sein touche environ une femme sur huit au cours de sa vie. S’il est détecté tôt, il peut être guéri dans neuf cas sur dix, rappelle la Ligue. Le 7 octobre, l’association organisera sa traditionnelle soirée gala au Palais du Pharo à Marseille, en présence de plus de 160 donateurs. Les tombolas et ventes aux enchères ont permis de récolter 130 000 euros, qui seront alloués à un programme de recherche labellisé sur le cancer du sein, porté par l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) et le Centre de recherche en cancérologie de Marseille (CRCM).