Gabrielle Halpern, philosophe titulaire d’un doctorat, diplômée de l’École normale supérieure et autrice de plusieurs ouvrages visionnaires, s’est exprimée dans Le Figaro sur plusieurs aspects de l’intelligence artificielle qui menacent l’humanité. Connue pour ses analyses approfondies sur l’impact des technologies sur la société, elle a évoqué les inquiétudes liées à l’influence croissante de l’IA dans les processus décisionnels, notamment dans des domaines comme le droit, la santé ou la gouvernance. Elle a souligné que, si l’IA peut apporter des bénéfices majeurs, elle soulève aussi des questions éthiques et existentielles qui doivent être traitées d’urgence. Halpern a mis en garde contre le risque que les systèmes d’IA prennent des décisions opaques, difficiles à comprendre pour les humains – un phénomène parfois désigné sous le nom de « boîte noire ». Ce manque de transparence, a-t-elle expliqué, pourrait entraîner des conséquences imprévues, en particulier dans des secteurs critiques comme la justice pénale ou les diagnostics médicaux. Sans un contrôle adéquat et des cadres éthiques stricts, l’IA pourrait, selon elle, être utilisée de manière à porter atteinte à l’autonomie et à la dignité humaines. Lors de cet entretien, Halpern a également abordé la possibilité que l’IA soit détournée à des fins malveillantes ou manipulée par des acteurs aux intentions néfastes. Elle a relevé que le développement des technologies d’IA avancées est souvent guidé par des intérêts commerciaux, lesquels peuvent privilégier le profit au détriment de la sécurité publique. Cela crée, a-t-elle estimé, une situation où les risques à long terme de l’IA ne sont pas toujours suffisamment pris en compte dans la course à l’innovation et à la conquête de parts de marché. Halpern a plaidé pour une approche plus inclusive et interdisciplinaire du développement de l’IA, associant non seulement des ingénieurs et des informaticiens, mais aussi des éthiciens, des philosophes et des représentants de divers horizons culturels et sociaux. Elle estime que seule une telle collaboration permettra à la société de garantir que l’IA soit conçue en phase avec les valeurs humaines et au service du bien commun.