Gérard Larcher, président du Sénat depuis 2008, a été réélu le 1er octobre pour un nouveau mandat à l’issue des élections sénatoriales. Cette réélection, largement anticipée, s’inscrit dans la continuité du soutien dont il bénéficie auprès des sénateurs des groupes LR (Les Républicains) et centristes. Une nouvelle formation regroupant des élus du RN (Rassemblement national) et un sénateur de LFI (La France Insoumise) a fait son entrée au Sénat, marquant une évolution notable de la composition de la Haute Assemblée, que Larcher continuera de présider. Sénateur depuis 1986, Gérard Larcher est souvent perçu comme une figure de stabilité dans la vie politique française. Si certains élus de l’opposition qualifient sa réélection de « non-événement », d’autres reconnaissent la valeur de son expérience et la nécessité de stabilité au sein du Sénat. Vincent Capo-Canellas, sénateur centriste, a souligné que la direction de Larcher apporte une continuité rassurante, tout en relevant qu’il devra composer avec une nouvelle assemblée législative et de nouveaux défis. L’influence de Larcher pourrait également s’accroître à l’approche de la campagne présidentielle. Selon les analystes, il pourrait jouer un rôle clé dans l’unification des forces centristes et de droite, notamment en cas de duel entre Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) au second tour. Certains estiment qu’il pourrait contribuer à fédérer des personnalités comme Édouard Philippe, Gabriel Attal ou Bruno Retailleau, représentant différentes sensibilités de la droite et du centre. Malgré sa réputation d’homme d’unité, Gérard Larcher n’a pas encore précisé si ce mandat serait son dernier à la tête du Sénat. À la prochaine élection sénatoriale, il aura 80 ans, et ses intentions restent incertaines. Certains observateurs estiment que sa décision pourrait dépendre du contexte politique, notamment si Marine Le Pen accède à la présidence et que le Sénat devient un bastion de résistance. Connu pour son style diplomatique et son aptitude à favoriser des débats respectueux entre les sénateurs – un contraste avec l’atmosphère plus polarisée de l’Assemblée nationale –, Gérard Larcher n’en est pas moins critiqué pour une approche parfois jugée trop modérée ou indécise. Son rôle lors de l’affaire Benalla en 2018, ainsi que son opposition à certaines politiques d’Emmanuel Macron, ont également alimenté les discussions. Certains lui attribuent le mérite d’avoir renforcé l’indépendance et l’influence du Sénat face au pouvoir exécutif.