L'économie mondiale mise sur l'IA pour sa croissance

L'économie mondiale dépend de plus en plus de l'intelligence artificielle pour soutenir sa croissance. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une hausse du PIB mondial de 3,1 % en 2026. Cette croissance repose en grande partie sur les investissements dans l'IA réalisés dans les économies avancées, selon Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI.

La croissance économique varie selon les régions

Parmi les grandes économies, les États-Unis devraient connaître une croissance de 2,3 %, tandis que Taïwan et la Corée du Sud sont attendus respectivement à 10,7 % et 3,3 %. À l'inverse, la France ne devrait croître que de 0,4 %, un niveau nettement inférieur à celui de ses homologues, alors qu'elle accueille un nombre important de centres de données.

Les investissements français dans les centres de données

La France compte 350 centres de données sur son territoire, pour une capacité installée d'environ 850 MW à la fin de 2025. Cela la place au quatrième rang européen, derrière le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas. D'autres investissements, comme la promesse de SoftBank de consacrer 45 milliards d'euros à la construction de trois centres de données dans les Hauts-de-France d'ici 2031, devraient encore développer ce secteur.

L'impact économique des centres de données en France

Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, a souligné l'importance d'installer une puissance de calcul suffisante, avertissant que si la France n'agit pas sur le long terme, elle pourrait peiner à suivre la croissance de l'industrie. Toutefois, la contribution des centres de données à la croissance économique française reste modeste, qualifiée de « très marginale » par Xavier Timbeau, de l'OFCE.

Les investissements numériques en France et aux États-Unis

Selon l'Insee, la contribution des investissements numériques à la croissance française est estimée à 0,1 point en 2025, avec un avertissement : la lecture statistique reste partielle. À l'inverse, les États-Unis ont connu une forte hausse de leurs investissements numériques, qui représentaient 7,2 % du PIB en 2025, contre 5,8 % en France.

Le rôle de l'IA dans la croissance américaine

L'OFCE conclut que l'intelligence artificielle soutient principalement la croissance des États-Unis, où les investissements numériques contrastent avec la situation des autres pays couverts par ses prévisions. Aux États-Unis, l'accélération des investissements dans les centres de données a été spectaculaire depuis la fin de 2022, leur volume ayant triplé d'ici la fin de 2025, même si leur poids dans le PIB reste faible.

Le potentiel et les défis de la France

Anthony Morlet-Lavidalie juge que le retard de l'Europe, et surtout de la France, par rapport aux États-Unis témoigne d'un manque d'ambition, et il insiste sur la nécessité de déployer pleinement les centres de données. Cependant, les recours juridiques contre l'implantation de ces vastes entrepôts, notamment en raison de leur impact environnemental, se multiplient.

Emploi et productivité

En matière d'emploi, la productivité en France s'est nettement améliorée, progressant de 1,7 % par an contre 0,85 % avant 2023. Cette amélioration n'est toutefois pas nécessairement imputable à l'IA, l'effet pouvant correspondre à un rattrapage après la chute de productivité survenue pendant la crise du Covid. Aux États-Unis, les salariés travaillant de près avec l'IA, comme ceux spécialisés dans la construction de centres de données, ont vu leurs salaires grimper jusqu'à 300 000 dollars par an, une tendance qui n'est pas observée en France.

Investissements futurs et défis

Rexecode estime que la capacité installée des centres de données pourrait atteindre 8 000 MW d'ici 2035, représentant un investissement de plus de 210 milliards d'euros sur dix ans. Cela générerait une valeur ajoutée française, principalement dans la construction, l'ingénierie électrique et les services associés, la valeur ajoutée directe de la filière atteignant 13 milliards d'euros constants en 2035, soit environ 0,4 % du PIB français. Il sera toutefois nécessaire de convaincre les acteurs concernés, notamment ceux qui dénoncent la domination des hyperscalers comme Google, Amazon et Microsoft sur les centres de données français et le risque pour la souveraineté nationale.