Les exportations agroalimentaires italiennes devancent celles de la France, avec 70,9 milliards d'euros en 2025, portées par des produits de qualité et une expansion stratégique.
L'agroalimentaire italien devance la France
L'industrie agroalimentaire italienne progresse plus vite que le secteur gastronomique français, selon des rapports récents. Les exportateurs italiens sont devenus le groupe le plus nombreux au Salon international de l'alimentation près de Paris, dépassant les exposants français. Cette tendance se confirme : les exportations agroalimentaires italiennes ont atteint 70,9 milliards d'euros en 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à l'année précédente.La croissance agroalimentaire française accuse un retard
Les exportations agroalimentaires françaises ont totalisé 84 milliards d'euros en 2025, soit une progression de 2 % par rapport à l'année précédente. Malgré cette croissance, la part de marché de l'Italie dans le secteur a atteint 3,54 %, ce qui en fait le huitième exportateur mondial, tandis que la France est restée en cinquième position.Le succès italien tient à plusieurs facteurs
Luigi Ferrelli, directeur du bureau parisien de l'Agence italienne pour le commerce extérieur (Ita), attribue la réussite de l'Italie à la croissance de ses exportations manufacturières et à des secteurs interdépendants comme le tourisme et la restauration. L'Italie a développé des itinéraires éno-gastronomiques pour mettre en valeur la diversité de ses terroirs, ce qui a accru la demande de ses produits à l'étranger.Le soutien public et la qualité des produits stimulent la croissance
Le gouvernement italien a augmenté son soutien financier aux entreprises présentes à l'étranger, le budget de l'Ita consacré aux actions de promotion devant progresser d'un tiers en 2026. Ferrelli souligne le rôle des producteurs italiens dans ce succès, en notant leur capacité à retrouver des savoir-faire anciens et à actualiser leur offre. Les fromages italiens comme la burrata, le gorgonzola et le taleggio figurent parmi les produits les plus exportés vers la France, avec des exportations annuelles atteignant un milliard d'euros.La croissance face aux défis de 2026
Malgré la croissance globale, la valeur des exportations agroalimentaires italiennes a stagné ou légèrement reculé entre janvier et mai 2026, en partie à cause d'une baisse de 12 % vers les États-Unis. Toutefois, l'objectif du gouvernement d'augmenter les exportations de 640 à 700 milliards d'euros, tous secteurs confondus, entre 2025 et 2027 est maintenu.Conquérir de nouveaux marchés
Ferrelli souligne l'importance de cibler à la fois les marchés matures comme la France et l'Allemagne, et les marchés émergents tels que la Chine, l'Inde, l'Asie du Sud-Est, le Canada et le Mercosur, où les marges de croissance sont plus importantes. La concurrence internationale est vive, avec des rivaux traditionnels comme la France, les États-Unis, les Pays-Bas, le Brésil, l'Allemagne et l'Espagne, ainsi que des concurrents émergents comme l'Inde et la Turquie.La participation aux grands événements internationaux est essentielle
La présence à des salons comme Sial et Wine Paris est cruciale pour que les entreprises italiennes entrent en contact avec des partenaires et des clients potentiels dans le monde entier. Le prosecco a déjà dépassé le champagne dans la grande distribution grâce au phénomène du Spritz, et l'objectif est de faire connaître plus largement d'autres vins italiens. En février, 200 entreprises seront présentes sous la bannière de l'Ita, soit une hausse de 60 % par rapport à 2025.