Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon, deux candidats à la prochaine élection présidentielle française, se sont échangé des critiques acerbes concernant les manifestations étudiantes en cours en France. Le différend porte sur les causes et les responsabilités de ces troubles, qui durent depuis plusieurs semaines. Mélenchon, leader du parti La France Insoumise, a accusé Attal d’être « personnellement responsable » d’une partie de la révolte étudiante, en évoquant son rôle dans la création de Parcoursup, la plateforme d’admission à l’université. Mélenchon a publié un message sur X le 10 octobre, reprochant à Attal ce qu’il qualifie de « duplicité consternante » : alors qu’Attal prétend comprendre le malaise des jeunes, il soutient Parcoursup, que Mélenchon juge responsable en partie des protestations. Mélenchon a également souligné qu’Attal a « supprimé 28 000 places en licence » et mis en place le contrôle continu avec Jean-Michel Blanquer, qu’il présente comme faisant partie de la « vieille méthode du politicien de droite » d’Attal, plus soucieuse de marketing que d’évaluation de ses propres actions. Il a conclu en affirmant que « la jeunesse mérite mieux ». En réponse, Attal a réagi sur X, s’adressant directement à Mélenchon, et déclarant que « la jeunesse mérite mieux » que les « stratégies électorales » de ce dernier qui en feraient « de la chair à canon ». Il a accusé Mélenchon de chercher à « dresser les jeunes les uns contre les autres » et l’a invité à un débat. « Arrêtez de vous cacher derrière vos réseaux sociaux et votre meute, venez débattre avec moi ! Plusieurs médias nous ont offert cette possibilité. Projet contre projet, vision contre vision. Pour notre jeunesse. C’est le sens et l’intérêt d’une campagne présidentielle », a-t-il écrit. Mélenchon a répondu quelques heures plus tard, rejetant l’invitation au débat. « Vous êtes trop outrancier et insultant. Et puis, vous pourriez bientôt devoir céder la place à M. Philippe », a-t-il lancé, en référence à Emmanuel Macron, dont Attal fut le Premier ministre. « Je verrai avec lui », a-t-il ajouté. Mélenchon doit tenir un meeting à Clermont-Ferrand dimanche, tandis qu’Attal en organisait un à Lyon samedi. Selon un sondage Ipsos-BVA pour l’école d’ingénieurs Cesi, publié ce dimanche dans La Tribune, 54 % des Français soutiennent le mouvement de protestation étudiante, bien que toutes leurs revendications ne recueillent pas le même niveau d’adhésion.