Les 88 tableaux de Van Gogh du musée Kröller-Müller sont exposés ensemble pour la première fois depuis 1984. Situé en périphérie de l’est des Pays-Bas, au cœur d’un vaste parc verdoyant parsemé d’arbres et de sculptures, le musée Kröller-Müller rassemble aujourd’hui ses 88 œuvres de Vincent van Gogh, formant ainsi la deuxième plus grande collection au monde après celle du musée Van Gogh à Amsterdam. Cette initiative a été lancée par Hélène Kröller-Müller, une collectionneuse qui en avait acquis 85. Elle a créé cet espace dans les années 1920 pour en faire « un lieu de pèlerinage et l’œuvre de Vincent deviendrait un objet de culte au sein d’un musée ». Sa collection a voyagé pendant quarante ans grâce aux prêts accordés par le musée Kröller-Müller pour des expositions temporaires. Aujourd’hui, c’est un événement de la voir à nouveau réunie dans ce « lieu de culte » imaginé par sa mécène. Les trois thèmes choisis, présentés de manière simple et claire, renouent avec la quête spirituelle qui unissait Hélène Kröller-Müller et son artiste préféré. La foi, l’amour et l’espoir forment un tryptique permettant à cette présentation non chronologique de mettre en lumière les comparaisons entre la période néerlandaise du début des années 1880 et la période française, plus connue, de 1886 à 1890.
Pendant sa période néerlandaise, Van Gogh, dans ses représentations des paysans (Les Mangeurs de pommes de terre, 1884) et des paysages ruraux, se voyait comme un « petit Millet du Nord », un peintre qu’il admirait. Mais son art a radicalement évolué avec sa découverte des impressionnistes, d’abord à Paris en 1886, puis avec la luminosité intense du sud. Cela se perçoit dans Quatre tournesols séchés (1887) et Champ de blé avec clôture de fil barbelé au lever du soleil au printemps 1889. Dans Champ de blé avec faucheur, Saint-Rémy-de-Provence, peint la même année, le paysan semble submergé, englouti par l’éclat du jaune. La lumière y apparaît en effet divine, comparée aux couleurs terreuses, voire sombres, de la campagne néerlandaise. Une toile illuminée.
La réunion de la collection d’Hélène Kröller-Müller permet de découvrir des œuvres moins connues, comme ce Nature morte avec statue en plâtre (1887) dans un style impressionniste ou un nu très rare datant de la même année. Sur les cartels de l’exposition, un élément important est souligné : l’utilisation d’un large pinceau que Van Gogh a découvert dans l’œuvre d’Adolphe Monticelli et qu’il a employé dans Cyprès et deux figures, peint à Arles en 1887 : les arbres semblent s’embraser de vert. La collection comprend des chefs-d’œuvre absolus comme Terrasse de café le soir, peint en 1888 à Arles, et son contraste saisissant entre le jaune de l’éclairage sous l’auvent et le bleu profond de la nuit étoilée… La section intitulée « Espoir » ne manque pas de comparaisons et de découvertes : Nature morte académique avec fleurs, témoin de son bref passage à l’Académie des beaux-arts d’Anvers, est suivie d’une vue profane de la butte Montmartre au printemps 1886. Celle-ci est comparée à Le Moulin de la Galette, peint six mois plus tard : la transformation est radicale, Van Gogh embrassant le style impressionniste qu’il venait de découvrir à Paris.
L’une des toiles les plus troublantes, personnelles et émouvantes de l’exposition est ce Nature morte avec chevalet et oignons de janvier 1889 à Arles. Sous ce titre anodin se cachent un annuaire médical, une pipe et du tabac probablement pour apaiser le peintre, et surtout une lettre dont l’écriture et le timbre révèlent qu’elle provient de son frère Theo à Paris. Trois semaines plus tôt, Van Gogh s’était mutilé l’oreille gauche. Cette collection ainsi réunie, qui ne compte que deux tableaux de la période finale (bien qu’Auvers-sur-Oise ait été prodigue avec 74 toiles lors du dernier décompte), permet de mieux comprendre l’épiphanie que représenta pour Van Gogh la découverte de la Ville Lumière et du sud ; elle l’a transformé d’un peintre en devenir en un génie de la peinture. L’exposition se tient du 15 septembre 2026 au 3 janvier 2027 au Rijksmuseum Kröller-Müller.
Des tableaux de Van Gogh réunis dans une exposition néerlandaise après 40 ans de voyage
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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