Une écolière de 10 ans a récemment exprimé ses inquiétudes concernant la charge de travail excessive dans son collège, évoquant notamment le poids de son cartable, l’accumulation des devoirs et la gestion d’un emploi du temps très serré. Elle a souligné que la pression s’est intensifiée depuis son entrée en sixième en septembre. Ce problème n’est pas nouveau : des élèves plus âgés partagent des frustrations similaires. La question du surmenage scolaire est devenue un point central des revendications étudiantes récentes, et les sociologues notent que cette « sensation de surcharge » s’inscrit dans un contexte plus large de compétition académique accrue.
Dans un texte publié dans Le Monde le 5 octobre, un collectif de sociologues décrit un environnement scolaire de plus en plus concurrentiel, souvent résumé par l’expression « chacun contre chacun », qui génère un climat de stress pour les élèves. Valérie Cohen et Alex Alber, entre autres, observent que le secondaire est désormais évalué avant tout sur les résultats, ce qui, selon eux, vide en partie le sens du travail scolaire. Cette logique reflète une tradition du système scolaire républicain, où l’effort servait historiquement à sélectionner les élèves, laissant certains sur le carreau.
Les réformes récentes, comme la plateforme Parcoursup, ont encore renforcé la responsabilité des élèves dans la construction de leur avenir, les positionnant en entrepreneurs et en concurrents sur le marché du travail. Face aux défis liés au climat, les adolescents questionnent de plus en plus leurs perspectives d’avenir. Dans son ouvrage Une jeunesse sacrifiée (2021), la sociologue Camille Peugny évoque une fracture entre ceux qui réussissent à se classer et ceux qui sont laissés pour compte dans cette course à la performance.
Malgré la dévalorisation progressive des diplômes, ceux-ci restent un rempart essentiel contre le chômage et l’instabilité financière. Dans Promesse d’embauche (2025), Florence Ihaddadene analyse les dispositifs visant à donner du sens aux activités des jeunes, comme le service civique, le bénévolat ou le Service National Universel (SNU). Cependant, elle souligne que ces mesures ne résolvent pas les problèmes structurels auxquels sont confrontés les adolescents et les jeunes adultes, qui perçoivent l’avenir comme dénué de sens. Elles s’intègrent en réalité au système concurrentiel, où les expériences bénévoles deviennent des atouts valorisables sur un CV.
Ihaddadene introduit la notion de « travail d’espoir », qui désigne des activités professionnelles bénévoles ou peu rémunérées exercées en attendant un emploi. Elle y voit une « politique d’attente, de disponibilité et de compétition », susceptible d’aider les jeunes à court terme, mais qui les gouverne à long terme. Elle critique ces dispositifs, qui pourraient normaliser des conditions de travail précaires, comme l’indemnité versée aux volontaires en service civique, comprise entre 620 et 735 euros pour un engagement hebdomadaire de 24 à 35 heures. Une somme qui préfigure, selon elle, l’acceptation de jobs mal payés dans le monde professionnel.
Si ces initiatives donnent aux jeunes un sentiment de maîtrise sur leur parcours, elles contribuent aussi à un marché du travail ultra-concurrentiel, miroir des pressions subies dans le secondaire. À un âge où se forgent leur identité et où leurs aspirations évoluent, l’accent mis sur « l’employabilité permanente » devient de plus en plus aliénant. Ce concept, théorisé par le philosophe André Gorz dans Misères du présent, richesse du possible (1997), renvoie à la nécessité de se vendre en permanence sur le marché du travail, où compétences, relations et loisirs sont avant tout perçus comme des outils pour rester un produit attractif dans un environnement compétitif. Les jeunes Français semblent de plus en plus désillusionnés par cette vision.
Les jeunes Français sous pression académique et professionnelle face à une concurrence accrue
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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