Le sixième roman d’Aymeric Patricot, Les Crapules, explore les thèmes de la vengeance, des inégalités sociales et des aspects cachés de la vie parisienne. L’histoire suit Sabine, une actrice de films pour adultes d’âge mûr qui élève seule son fils Romain dans le vingtième arrondissement. Lorsqu’une vidéo de Sabine fuite dans un collège, Romain est régulièrement victime de harcèlement, poussant Sabine à s’allier avec Joseph, un harceleur, et Enguerrand, un membre oisif de la classe supérieure, pour se venger. Le récit plonge également dans la vie des hauts fonctionnaires et des élites économiques, sur fond de revenge porn et de liberté sexuelle.
Lors d’un entretien avec ActuaLitté, Patricot a évoqué les thèmes de son roman, soulignant que Sabine, comme son héroïne précédente Anaëlle dans La Viveuse (éditions Léo Scheer, 2022), sont des femmes qui défient le mépris social par leur engagement dans des activités centrées sur le sexe. Sabine, cependant, affronte dès le départ la violence des jugements, ce qui la pousse à chercher vengeance contre ceux qui la stigmatisent tout en commettant des actes encore plus graves.
Patricot a également abordé la question du harcèlement, affirmant qu’il a toujours existé mais qu’il s’est aggravé avec l’essor des smartphones et des réseaux sociaux. Il a insisté sur le fait que le harcèlement est l’une des manifestations du mal présent en l’être humain, permettant à la fois la violence et la lâcheté.
Le roman met aussi en scène Charles, un directeur corrompu d’un musée parisien impliqué dans des dossiers d’État troubles. Patricot a indiqué que ce personnage reflète la corruption au plus haut niveau de la société, notant que la défiance envers l’État s’est accrue ces dernières années, sous l’influence de scandales comme l’affaire Epstein.
Se déroulant à Paris, notamment dans le vingtième arrondissement et en Seine-Saint-Denis, le roman inclut des descriptions précises des quartiers et des bâtiments. Patricot a qualifié son œuvre de portrait urbain de Paris, insistant sur le rôle central de la ville dans l’intrigue.
Chaque chapitre du roman est précédé d’un poème évoquant une forme de mal, inspiré de La Divine Comédie de Dante. Patricot a précisé que l’un des personnages rédige ces poèmes, et malgré certains conseils de les supprimer, il a tenu à les conserver.
Patricot a également évoqué le genre de son roman, précisant qu’il ne s’agit pas d’un polar ou d’un roman policier classique, mais plutôt d’un thriller social. L’œuvre aborde directement la question du mal, sans le réduire à une problématique économique ou sociale, et met en lumière le fait que toute personne est susceptible de commettre des actes répréhensibles, quelles que soient sa situation ou ses motivations.
Un roman explore la vengeance, les inégalités sociales et les bas-fonds de la vie parisienne
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