En 2001, Franco Zeffirelli, réalisateur et cinéaste italien de renom, se voyait confier la mise en scène d’un opéra au petit Teatro Verdi de Busseto, en Italie, pour commémorer le centenaire de la mort de Giuseppe Verdi. Plutôt que d’opter pour une œuvre plus connue du compositeur, comme La Traviata ou Falstaff, Zeffirelli choisit Aïda, un opéra grandiose et dramatique se déroulant dans l’Égypte antique. Le défi était de taille : le théâtre ne comptait que 300 places et une scène dont l’ouverture ne dépassait pas sept mètres, bien loin des vastes plateaux habituellement requis pour ce type de production.
La décision de Zeffirelli suscita des doutes. « Aïda à Busseto, par Zeffirelli ? En vieillissant, a-t-il perdu la tête ? », plaisantait le réalisateur. Pourtant, Zeffirelli était convaincu d’avoir découvert dans cet opéra une profondeur émotionnelle particulière, centrée sur l’intimité dramatique entre quatre personnages pris dans un enchevêtrement d’amour, de jalousie, de loyauté et de devoir politique. Il baptisa cette production Aidina piccola piccola – sa petite Aïda – et la considera comme l’une de ses plus grandes réussites.
Vingt-cinq ans plus tard, cette mise en scène fait son retour à Busseto dans le cadre du Festival Verdi, ressuscitée par Stefano Trespidi. Le spectacle conserve ses éléments visuels grandioses – statues colossales, colonnes, hiéroglyphes et costumes somptueux –, mais à une échelle bien plus réduite. Le résultat est une expérience d’intimité et de concentration, où le public découvre l’opéra depuis une perspective bien plus proche. Par exemple, lors du célèbre Marche triomphale, la foule sur scène assiste à un défilé que le public ne peut voir, créant une impression de mystère et de profondeur au-delà du cadre de la scène.
Le cadre plus intimiste modifie également la perception de la musique par le public. Dans un théâtre aussi petit, le spectacle habituel ne peut détourner l’attention des subtilités de l’interprétation. Un geste, un regard, voire un battement de paupière deviennent perceptibles. L’opéra ne commence pas par un coup de cymbales fracassant, mais par les murmures mystérieux et discrets des violons. La distribution mise sur de jeunes talents, avec Federica Vitali dans le rôle-titre, aux côtés de Teresa Iervolino et Vincenzo Costanzo. Si les critiques sont globalement positives, certains ont émis des réserves sur la prestation de Costanzo, dont la santé aurait été fragile lors de la reprise. En revanche, le chef d’orchestre Giuseppe Mengoli, qui dirige la Filarmonica Arturo Toscanini, a été salué pour sa maîtrise de l’œuvre.
Cette production est une véritable leçon d’efficacité et de créativité. Chaque centimètre carré de la scène est exploité au maximum, l’orchestre s’intégrant à la mise en scène comme dans un jeu de Tetris. La harpiste a dû se glisser dans le proscenium, tandis que le percussionniste a été relégué derrière la porte de la fosse d’orchestre, où il devait se baisser pour apercevoir la baguette du chef. Reprise les 16 et 25 octobre, cette Aïda prouve que la grandeur n’a pas besoin d’espace : sept mètres d’ouverture de scène suffisent à faire revivre l’épopée verdienne à Busseto.
La Miniature Aida de Zeffirelli ressuscitée à Busseto pour le Festival Verdi
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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