Le réchauffement climatique devrait dépasser 1.5°C, les politiques actuelles le poussant à 2.8°C d'ici 2100, selon le rapport du PNUE.
Le rapport du PNUE met en lumière un écart d'émissions qui se creuse
Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a publié le 21 octobre 2026 son rapport annuel, qui détaille l'écart grandissant entre les niveaux d'émissions actuels et les objectifs fixés par l'Accord de Paris. Le rapport montre que, même si tous les pays respectent leurs engagements climatiques, la température mondiale pourrait augmenter de 2,6 °C par rapport aux niveaux préindustriels d'ici 2100. Si les politiques actuelles restent inchangées, la hausse pourrait atteindre 2,8 °C.Des projections qui se dégradent et les facteurs clés
Le rapport indique que la hausse projetée de la température s'est aggravée par rapport à l'année précédente, où la hausse attendue se situait entre 2,3 °C et 2,5 °C. Cette détérioration est attribuée à deux facteurs principaux : le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sous l'administration Trump et la révision à la hausse des estimations des émissions historiques.Une possibilité qui disparaît de rester sous 1,5 °C
Le rapport du PNUE affirme explicitement que la possibilité de limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C a disparu. Cette conclusion fait suite à des décennies d'action climatique insuffisante, en particulier de la part des pays du G20, qui sont responsables de 75 % des émissions mondiales. Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa, qualifie cela d'« échec historique de la direction politique ».Les risques de dépasser la limite de 1,5 °C
Les scientifiques soulignent que chaque fraction de degré supplémentaire au-delà de 1,5 °C augmente la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. L'année 2026 a déjà été marquée par des inondations meurtrières, des canicules et des incendies incontrôlés dans de nombreuses régions, notamment en Europe pendant l'été. Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, note que chaque degré de réchauffement accroît les impacts et les risques climatiques.Une trajectoire de dépassement minimal de 1,5 °C
Malgré des perspectives sombres, le PNUE présente un scénario dans lequel le seuil de 1,5 °C n'est que légèrement dépassé. Dans ce cas, le réchauffement mondial atteindrait un pic de 1,7 °C à 1,8 °C vers le milieu du siècle, avant de repasser sous 1,5 °C d'ici 2100, avec une probabilité de réussite de 50 %. Cela exige des réductions immédiates et massives des émissions de gaz à effet de serre, notamment une baisse de 18 % d'ici 2030 et de 45 % d'ici 2035.L'impact du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris
Le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sous l'administration Trump a eu un effet mesurable sur les projections de réchauffement mondial. Les scientifiques estiment que les seules politiques de cette administration ajouteront environ 0,1 °C au réchauffement mondial d'ici 2100. TBS News rapporte que 70 % des 189 millions de tonnes supplémentaires de émissions de CO2 enregistrées en 2025 proviennent des États-Unis.Critiques des politiques climatiques américaines
Bill Hare, directeur de Climate Analytics, critique les États-Unis pour leur blocage des énergies renouvelables et leur promotion des énergies fossiles. Il compare la situation à une personne qui nierait l'existence d'un incendie tout en versant de l'essence dessus. Johan Rockström, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur les impacts climatiques, craint que le retrait américain n'incite d'autres pays à réduire leurs efforts climatiques.Un espoir dans la croissance des énergies renouvelables
Malgré des perspectives sombres, le rapport met en avant les progrès réalisés dans le domaine des énergies renouvelables. La capacité mondiale en énergies renouvelables a progressé trois fois plus vite que prévu, et le déploiement de l'énergie solaire a été multiplié par sept. La croissance de l'énergie charbon et pétrole a ralenti, et les politiques climatiques ont réduit les émissions dans de nombreux domaines.Des politiques climatiques efficaces identifiées
Plus de 220 évaluations de politiques climatiques montrent que certaines mesures peuvent réduire sensiblement les émissions. Les politiques dans le secteur de l'électricité ont permis une baisse moyenne de 9 % des émissions, tandis que des outils économiques comme les taxes carbone ont permis des réductions de 5 à 13 % selon les secteurs. Toutefois, ces succès sont inégalement répartis.Engagements mondiaux et objectifs futurs
Lors du premier bilan mondial, les pays se sont engagés à tripler la capacité en énergies renouvelables et à doubler les gains d'efficacité énergétique d'ici 2030. Ils ont également promis de réduire l'utilisation des énergies fossiles et la déforestation. Cependant, les tendances actuelles des émissions vont dans la mauvaise direction, et les réductions nécessaires ne se produisent pas assez vite.Défis et nécessité d'une action urgente
Selon Nature, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont restées globalement stables entre 2024 et 2025, principalement en raison d'une baisse des émissions liées à l'utilisation des terres. Si cette tendance se confirme, elle pourrait marquer le premier recul depuis la pandémie. Toutefois, cela pourrait ne pas suffire à prévenir un réchauffement important.Appel à l'action avant la COP31
À trois semaines seulement de la COP31, le rapport du PNUE constitue un appel urgent à l'action. Adelle Thomas, vice-présidente d'une évaluation scientifique de l'ONU sur les impacts climatiques, souligne que les outils permettant de faire face au changement climatique existent, mais que les retards ne font que rendre le défi plus dangereux et plus coûteux.