Fusillade à Trappes et La Verrière

Un homme de 39 ans a été interpellé vendredi 23 octobre à la suite d'une fusillade à Trappes et La Verrière (Yvelines) qui a fait un mort et quatre blessés, dont une fillette de 12 ans. L'attaque s'est déroulée en plusieurs lieux, à commencer par un arrêt de bus, puis une pharmacie et d'autres sites.

Enquête en cours

Le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi de l'affaire et a ouvert une enquête de flagrance, ce qui signifie que le suspect a été pris sur le fait. Les premiers éléments indiquent que le suspect, Kevin T., a utilisé une arme automatique de catégorie A, dont la détention et l'acquisition sont interdites.

Lieux de l'attaque et victimes

L'attaque a débuté vers 10 h 30 à un arrêt de bus situé place Van Gogh à Trappes, puis s'est poursuivie par des coups de feu square Louis-Pergaud et devant la station-service Esso de la rue Martin Luther King. Deux personnes ont été blessées, dont l'une est décédée. Le suspect s'est ensuite rendu à La Verrière, où il a tiré sur une pharmacie et rue Marcel-Rivière, blessant trois autres personnes, dont la fillette de 12 ans touchée à huit reprises.

Interpellation et armes saisies

Kevin T. a été arrêté à Coignières, toujours dans les Yvelines, par des agents de la Brigade anticriminalité (BAC). À son domicile, les autorités ont découvert que son appartement était piégé avec trois bouteilles de gaz reliées à des fils électriques connectés à une minuterie. Dans son véhicule, la police a trouvé « un pistolet-mitrailleur Sten et une grenade lacrymogène ».

Profil du suspect et mobiles possibles

Le suspect n'est pas inscrit au fichier S, mais il avait déjà été condamné quatre fois pour des infractions de droit commun. Il est né à Saint-Cyr-l'École, dans les Yvelines, et vivait à Plaisir, une commune voisine de Trappes. Les enquêteurs ont trouvé dans son appartement un exemplaire de Mein Kampf, ainsi qu'une Bible et un Coran. Cette découverte a conduit à des spéculations sur un éventuel mobile raciste.

Propos du maire et procédure judiciaire

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a relevé que les deux victimes trappistes avaient des profils particuliers, la personne décédée étant d'origine africaine et la personne dans un état critique d'origine maghrébine. Il a toutefois souligné vouloir éviter toute affirmation définitive. Le Pnat a ouvert une information judiciaire pour « meurtre » et « tentative de meurtre en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».

Garde à vue et résultats toxicologiques

Après son interpellation, Kevin T. a d'abord été placé en garde à vue, mesure levée dimanche à la demande d'un expert psychiatre. Il a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police pour observation, qui peut durer jusqu'à 48 heures. Les analyses toxicologiques ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang.

Proches placés en garde à vue

Trois membres de l'entourage de Kevin T., dont sa mère, ont également été placés en garde à vue samedi, et leurs auditions se sont poursuivies dimanche. L'enquête se poursuit, les autorités examinant les mobiles possibles et les liens du suspect et de son entourage.