Dans les familles comptant au moins trois enfants, être l’enfant du milieu peut parfois s’avérer une expérience difficile. Positionné entre l’aîné et le benjamin, l’enfant du milieu peut avoir l’impression d’être négligé par ses parents. Cela peut conduire à un sentiment de devoir se battre pour sa place au sein de la famille et pour obtenir l’attention de ses parents. Mais pourquoi certains enfants trouvent-ils cette position si ardue ? Être à la fois un frère ou une sœur plus âgé(e) et plus jeune(e) peut être complexe, et le niveau de soutien parental joue un rôle déterminant dans la manière dont un enfant vit ce rôle. « La place au sein de la famille n’est pas anodine, qu’il s’agisse de l’aîné, de l’enfant du milieu ou du benjamin. Cette position contribue à la construction de son identité. Certains enfants du milieu peuvent avoir l’impression de ne pas exister aux yeux de leurs parents, comparés à leurs frères et sœurs, bien que ce ne soit généralement pas un manque d’amour, mais plutôt un manque d’attention », explique Julie Scouppe, psychologue. Certains enfants du milieu peuvent chercher à se différencier de leurs frères et sœurs ou, au contraire, à leur ressembler. Les choix d’un enfant peuvent être influencés par sa place dans la famille. Ils peuvent décider de se démarquer de leurs frères et sœurs ou, au contraire, de suivre leurs traces. Pour illustrer ce propos, la psychologue prend l’exemple des activités extrascolaires. « Les frères et sœurs sont parfois des points de référence pour prendre des décisions, mais cela ne signifie pas que l’enfant fera nécessairement les mêmes choix. Ils peuvent aussi chercher à se différencier, surtout lorsqu’ils ont l’impression d’être comparés à eux. Choisir une activité peut devenir un moyen d’affirmer leur personnalité et de trouver leur place au sein de la famille », ajoute-t-elle. À l’inverse, certains enfants du milieu peuvent emprunter le même chemin que leur frère ou sœur aîné(e), observant que l’aîné a apprécié l’activité ou qu’elle lui a permis de s’épanouir. Cette décision peut être motivée par l’envie de partager une expérience avec leur frère ou sœur, ainsi que par le sentiment que cette activité correspond à leurs goûts. Comment les parents peuvent-ils soutenir l’enfant du milieu ? Entre l’école, le travail et les tâches quotidiennes, les parents ont parfois du mal à consacrer du temps de qualité à leurs enfants, en particulier en tête-à-tête. Pourtant, ces moments sont essentiels pour le sentiment de sécurité émotionnelle des plus jeunes. Il est crucial de consacrer du temps individuel, même quelques minutes seulement, à chaque enfant, surtout si l’un d’eux exprime le sentiment d’être oublié au sein de la famille. « Il est important de leur montrer qu’ils ne sont pas moins aimés que leurs frères et sœurs, qu’ils ont leur place tout autant qu’eux et que l’on souhaite passer du temps avec eux », souligne Julie Scouppe. Ces instants simples peuvent rassurer les plus jeunes. Le trajet pour se rendre à un entraînement sportif est une excellente occasion de passer un moment de qualité avec un enfant. Ce temps permet à l’enfant de parler de sa journée ou de se confier à son parent sans la présence de ses frères et sœurs. Dans la vie quotidienne, on peut aussi l’inviter à nous accompagner lors d’une sortie shopping, à faire une balade à vélo ou à cuisiner ensemble. Ces petits gestes peuvent faire une grande différence pour aider l’enfant du milieu à se sentir valorisé et soutenu au sein de la famille.