Taille et portée du réseau de chaleur parisien

Le réseau de chaleur parisien s'étend sur environ 530 kilomètres de canalisations et alimente près d'un million de personnes, chauffant un quart des bâtiments de la capitale. C'est le deuxième plus grand réseau de chaleur d'Europe, en service depuis 1927.

Sources de chaleur et durabilité

Près de la moitié de la chaleur fournie par le réseau provient de l'incinération de déchets, soit 46 % en 2023 et 45 % en 2022. Ces déchets sont brûlés dans trois usines du Syctom en Île-de-France, et la chaleur produite alimente le réseau. Le reste du bouquet énergétique en 2023 comprenait le gaz (39,3 %), le charbon (6,5 %) et la biomasse (6 %).

Innovations dans la récupération de chaleur

Depuis 2025, l'usine de Saint-Ouen utilise la chaleur de ses fumées pour préchauffer l'eau puisée dans la Seine avant qu'elle ne soit transformée en vapeur. Cette innovation contribue à améliorer l'efficacité et la durabilité du réseau. Selon la CPCU, l'exploitant du réseau, 50,7 % de l'énergie utilisée en 2024 provenait de sources renouvelables et récupérées.

Couverture du réseau et infrastructures

Le réseau dessert les bâtiments de Paris et de 16 communes voisines, chauffant environ un tiers des logements sociaux parisiens, 40 % des bâtiments tertiaires et l'ensemble des hôpitaux. Les bâtiments raccordés au réseau ne disposent ni de chaudière ni de stockage de combustible. Ils s'appuient plutôt sur un système en boucle fermée : la vapeur transfère la chaleur dans des sous-stations, puis l'eau refroidie retourne vers les centrales pour être réchauffée.

Propriété et croissance du réseau

La CPCU, qui exploite le réseau depuis sa création en 1927, est une société d'économie mixte détenue à 66,5 % par Engie et à 33,5 % par la Ville de Paris. Elle produit environ 8 millions de tonnes de chaleur par an et poursuit son expansion, avec le raccordement de 134 nouveaux bâtiments en 2024.

Gestion future et plans d'investissement

La concession actuelle de la CPCU prend fin en décembre 2026. La Ville de Paris a choisi le consortium Dalkia-Eiffage-RATP comme nouvel exploitant, devançant Engie. Le nouveau contrat, d'une valeur de 15 milliards d'euros sur 25 ans, prévoit d'investir 3,4 milliards d'euros pour faire passer la part d'énergie renouvelable de 50 % à 76 %. La Ville détiendra les centrales par le biais d'une nouvelle société d'économie mixte, détenue à 49 % par la puissance publique et à 51 % par Dalkia. Des critiques ont toutefois été émises quant à la rapidité de l'attribution du contrat, intervenue seulement quatre mois avant les élections municipales.