Les étudiants infirmiers français manifestent contre les mauvaises conditions d'études, la faible rémunération des stages et le manque de moyens, exigeant un meilleur financement et une reconnaissance.
Les manifestations étudiantes s'étendent aux universités
Depuis le 21 septembre, des lycéens et des étudiants de toute la France se mobilisent pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d'études. Classes surchargées, manque d'enseignants et de personnel, infrastructures vétustes : tels sont les principaux griefs avancés, et le mouvement gagne désormais aussi les universités.Les étudiants infirmiers confrontés à des inégalités de rémunération
La Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI) soutient le mouvement étudiant dans son ensemble et met en lumière les difficultés propres aux étudiants infirmiers. Elle souligne que ceux-ci perçoivent entre 1,03 € et 1,75 € de l'heure pendant leurs stages, un montant inchangé depuis 2020, alors que l'inflation a progressé de 20 % sur la même période.Une rémunération de stage inférieure à celle des autres étudiants
Cette indemnisation est nettement inférieure aux 4,50 € de l'heure perçus par les autres étudiants de l'enseignement supérieur et de la recherche. Selon la FNESI, cet écart fragilise la situation financière des futurs infirmiers, d'autant que s'ajoutent des dépenses supplémentaires, comme les frais de transport et de carburant pour rejoindre les lieux de stage.Certaines filières ne sont pas rémunérées
La fédération relève également que les étudiants des filières infirmières spécialisées, telles que les infirmiers de pratique avancée, les infirmiers de bloc opératoire, les infirmiers anesthésistes et les infirmiers puériculteurs, ne perçoivent aucune indemnité pour leurs stages. Ce manque de soutien financier fragilise ces étudiants, alors que leurs futures fonctions sont essentielles pour répondre aux enjeux de santé publique.Un manque de chercheurs en sciences infirmières
Au-delà des questions financières, la FNESI insiste sur les difficultés à faire progresser l'enseignement et la recherche en sciences infirmières. Elle évoque le nombre limité d'enseignants-chercheurs en France, ce qui freine le développement de connaissances scientifiques propres à la discipline et l'intégration des études infirmières dans l'enseignement supérieur.Demande de création de postes d'enseignants-chercheurs
Pour remédier à cette situation, la fédération réclame le financement d'au moins deux postes d'enseignants-chercheurs en sciences infirmières dans les universités de santé. L'objectif est de renforcer la place de la discipline dans l'enseignement supérieur et de faire en sorte que la formation soit plus étroitement liée à la recherche.Soutien aux maîtres de stage
La FNESI demande également une indemnisation de 300 € pour les maîtres de stage, qui jouent un rôle essentiel dans la formation des futurs infirmiers. La fédération estime que ces professionnels méritent davantage de reconnaissance et d'investissement, et que la rémunération proposée contribuerait à améliorer la qualité de l'encadrement.Peser sur le financement de l'enseignement supérieur
En rejoignant le mouvement étudiant dans son ensemble, la FNESI espère replacer les études infirmières sous le feu des projecteurs, notamment dans le débat sur le financement de l'enseignement supérieur. Reste à savoir si les pouvoirs publics entendront ces revendications.