Le député Paul Midy a exprimé ses inquiétudes quant aux ressources et à l’attention insuffisantes consacrées à la lutte contre les cyberattaques, tout en soulignant les lacunes du cadre juridique et fiscal régissant l’industrie des cryptomonnaies en France. Succédant au député Pierre Person, qui a joué un rôle clé dans l’élaboration de la loi Pacte en 2019, Midy s’est désormais emparé de la cause du soutien au secteur des cryptomonnaies. Fin juillet, ce député du groupe Ensemble pour la République a déposé un projet de loi visant à moderniser le cadre juridique et fiscal des actifs numériques. Son ambition : faire de la France un leader européen dans ce domaine. « Nous avons été des pionniers au départ, avec un cadre non pas pour empêcher, mais pour apporter de la visibilité et de la clarté », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au média Cryptoast. Dans sa proposition, Midy met en lumière les défis auxquels est confrontée l’industrie française des cryptomonnaies, notamment les incohérences du cadre juridique actuel. Le règlement européen, connu sous le nom de Mica (Market in Crypto Assets), a remplacé le régime national PSAN à la fin décembre 2024. Toutefois, ce nouveau cadre ne couvre pas la fiscalité des actifs numériques, la protection des données personnelles des dirigeants, ni certaines méthodes de financement utilisées par les entreprises, qui relèvent toujours de la compétence des États membres. Le projet de loi de Midy propose des modifications du cadre fiscal, incluant notamment la taxation des jetons de gouvernance au moment de leur vente, ainsi que la possibilité de reporter les pertes sur une période de dix ans au lieu d’une année. Un autre enjeu majeur soulevé par Midy concerne l’augmentation des cyberattaques visant les détenteurs de cryptomonnaies en France, faisant du pays le plus touché d’Europe. Selon une étude de Certik, la France était le « principal épicentre » de ces attaques, avec 33 des 39 attaques à la clé à molette (wrench attacks) recensées en Europe en 2026. Une « attaque à la clé à molette » désigne une agression physique où des individus utilisent des outils comme des clés à molette, des perceuses ou des armes pour extorquer des mots de passe ou des « clés privées » aux victimes afin d’accéder à leurs cryptomonnaies. Ces attaques ciblent souvent des entrepreneurs, des investisseurs ou leurs proches, en exploitant des données personnelles pour identifier et localiser les victimes. Midy estime que le renforcement de la protection des données personnelles des dirigeants relève d’une exigence de sécurité publique. Le député regrette que la France n’alloue pas suffisamment de ressources ou d’attention à la lutte contre les cyberattaques, ni au sein des administrations publiques ni dans les entreprises privées. Il considère que la cybersécurité devrait être traitée comme une question de défense nationale, avec un niveau de protection minimal déjà en place. « Cela devrait déjà être le cas, et ce n’est pas partout le cas », a-t-il souligné. Son projet de loi a désormais été transmis à la commission des finances de l’Assemblée nationale pour examen approfondi.