Une nouvelle étude américaine publiée le 25 septembre 2026 dans JAMA Network Open a relancé le débat sur l’âge approprié pour l’acquisition du premier smartphone. La recherche a examiné le lien entre la possession d’un smartphone à 12 ans et l’apparition de symptômes de troubles du comportement alimentaire chez les adolescents. L’étude a analysé les données de 8 957 jeunes participants à la vaste étude américaine ABCD, menée dans 21 sites à travers les États-Unis. Près de 70 % des participants possédaient déjà un smartphone à 12 ans. Les scientifiques ont vérifié si ces adolescents présentaient davantage de signes évocateurs de comportements liés aux troubles du comportement alimentaire, comme des épisodes de compulsions alimentaires, des comportements visant à éviter la prise de poids, une préoccupation excessive pour le poids ou une estime de soi fortement liée au poids. Les résultats ont révélé une association claire : à 12 ans, les adolescents ayant un smartphone déclaraient plus fréquemment des épisodes de compulsions alimentaires, une estime de soi liée au poids et au moins un symptôme de trouble du comportement alimentaire. Deux ans plus tard, à 14 ans, ce lien persistait : les jeunes ayant eu un smartphone à 12 ans présentaient un risque accru de signaler des compulsions alimentaires, des comportements compensatoires pour éviter la prise de poids ou une estime de soi dépendante du poids. Parmi les adolescents ayant possédé un smartphone à 12 ans, près d’un quart ont rapporté au moins un symptôme de trouble du comportement alimentaire à 14 ans. Les auteurs soulignent également que les filles pourraient être particulièrement concernées par les inquiétudes liées au poids. L’étude ne prétend pas qu’un smartphone cause directement des troubles du comportement alimentaire. Elle met en évidence une association, et non un lien de cause à effet. Cependant, les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. Un téléphone personnel offre aux adolescents un accès plus fréquent, privé et souvent moins supervisé à du contenu numérique. À cet âge, les jeunes sont particulièrement sensibles aux opinions d’autrui, aux comparaisons sociales et aux normes physiques. Les réseaux sociaux peuvent exposer les adolescents à des images corporelles idéalisées, à du contenu axé sur l’apparence ou à des communautés promouvant des pratiques alimentaires dangereuses. Les auteurs évoquent également le rôle possible du sommeil. L’utilisation du smartphone en soirée peut perturber le sommeil, ce qui affaiblit la régulation émotionnelle et de l’appétit. Pour les parents, cette étude ne signifie pas qu’il faut paniquer si un enfant demande un téléphone. Elle les invite plutôt à réfléchir à l’âge auquel le smartphone devient personnel, ainsi qu’aux règles qui l’accompagnent. Les chercheurs recommandent d’aider les familles à fixer des limites adaptées à l’âge, à superviser l’usage et à discuter avec les adolescents de ce qu’ils voient en ligne. Ils suggèrent également que les médecins interrogent les jeunes sur leur utilisation des smartphones et des réseaux sociaux lors de l’évaluation de leur santé mentale ou de leur image corporelle.