Les habitants de M'tsapéré sont confrontés à des risques d'inondation croissants liés à la rivière Majimbini, malgré les faibles niveaux d'eau récents et les campagnes de sensibilisation.
Les habitants s'inquiètent des crues de la rivière Majimbini
À l'approche de la saison des pluies, les habitants de M'tsapéré, dans la commune de Mamoudzou, s'inquiètent de plus en plus des inondations provoquées par la rivière Majimbini. La municipalité a organisé un « village de la résilience » à l'occasion de la Journée nationale de la résilience, afin de sensibiliser la population aux risques naturels et de présenter les outils de prévention.Une rivière calme, mais des risques cachés
Dans le quartier de Mrowahandra, la rivière Majimbini était mardi à son niveau le plus bas : seul un maigre filet d'eau se devinait entre les rochers, les plantes et les déchets. De petites flaques, où vivent des guppys, étaient éparpillées çà et là, tachées par le savon et la lessive utilisés par les femmes et les enfants. Malgré ce calme apparent, les habitants savent que la rivière peut monter très vite et provoquer des inondations.Des drames passés qui témoignent des dangers
Les incidents passés montrent les dangers de la rivière : un jeune homme de 19 ans s'est noyé à Passamaïnty en 2015, et un autre garçon a été retrouvé mort dans la rivière Kwalé en 2026, emporté par les fortes pluies. Son corps a été découvert rue Kwalé Légion par la gendarmerie. Ces événements ont laissé des inquiétudes durables parmi les habitants.Les habitants réclament de meilleures infrastructures
Des habitants, comme Saendati, 17 ans, soulignent l'absence de barrières de sécurité sur le pont, ce qui a déjà provoqué des noyades. Beaucoup de résidents ne savent pas nager, et le pont est perçu comme une zone dangereuse. Toioumidine Daroussi, entrepreneur de 25 ans, se souvient d'une personne emportée par le courant alors qu'elle traversait le pont, et réclame des aménagements tels que des tunnels et des filtres à déchets pour réduire les risques d'inondation.Les déchets dans la rivière aggravent les inondations
Les habitants pointent aussi l'impact des déchets jetés dans la rivière, qui élèvent le niveau de l'eau et bloquent le courant. Des obstacles comme des tôles sont visibles dans la boue, ce qui accroît le risque d'inondation. Ces déchets nuisent non seulement à l'environnement, mais rendent aussi la rivière plus dangereuse lors des fortes pluies.La ville lance des actions de sensibilisation et de prévention
Pour répondre à ces problèmes, la ville de Mamoudzou, avec ses partenaires, a mis en place un « village de la résilience » afin d'informer les habitants et de présenter les outils de prévention. Parmi eux figurent le Plan de sécurité communautaire de la ville, le Programme d'action de prévention des inondations de Majimbini et le Plan de prévention des risques, ainsi que le soutien de la Croix-Rouge française pour la préparation aux catastrophes.Les autorités insistent sur la protection et la sensibilisation
Anli Bounou, directeur de l'urbanisme, a averti que l'eau peut monter brusquement après la pluie sur les collines. Il a insisté sur la nécessité d'éviter la déforestation et de protéger le lit de la rivière contre l'érosion. La CADEMA travaille à la protection du lit de la rivière afin de réduire les risques.La prévention repose sur de nombreux acteurs et sur les comportements
Les autorités utilisent des groupes WhatsApp, les mosquées et les associations de quartier pour informer les habitants des risques. Les agents de la DEALM rappellent que la construction dans les zones à haut risque est interdite, et que la responsabilité en cas de dégâts dépend de facteurs tels que le lieu de résidence et les circonstances de la catastrophe. Près de 90 % du territoire mahorais est exposé à des aléas naturels, dont plus de 40 % à des risques majeurs. Faire évoluer les comportements, en particulier réduire les déchets dans les espaces naturels, est essentiel pour diminuer les risques d'inondation.