Les fuites de données au cœur de la conférence sur la cybersécurité

Lors de la 26e édition des Assises de la cybersécurité, organisées du 7 au 9 octobre à Monaco, les fuites de données se sont imposées comme un sujet central de discussion parmi les professionnels de la cybersécurité. Cet événement, auquel ont participé des milliers de RSSI et d'experts, s'est concentré sur la menace croissante des violations de données et sur le rôle de l'intelligence artificielle, qui peut à la fois aggraver ces risques et contribuer à les atténuer.

Des cas très médiatisés alimentent le débat

Joseph Fernando, ingénieur commercial chez Cato Networks, a souligné que les fuites de données sont devenues le principal sujet de conversation, en raison de cas très médiatisés, comme celui qui a touché la Fédération française de tir. Eric Boivin, spécialiste technique de la plateforme Flare, a mis en avant l'attention accrue des médias et la prise de conscience du public à l'égard des fuites de données.

Une évolution des mentalités face aux fuites de données

Sébastien Weber, vice-président des ventes pour l'Europe du Sud chez Mimecast, a affirmé que le débat sur les fuites de données s'était enfin ouvert, les RSSI se montrant désormais plus transparents sur les compromissions et les fuites. Il a noté que la banalisation des fuites de données a entraîné un changement d'attitude, certaines organisations reconnaissant avoir eu un compte compromis par jour.

L'IA, une menace potentielle

L'IA a été identifiée comme un catalyseur potentiel de l'industrialisation des fuites de données. Olivier Daloy, RSSI en résidence chez Zscaler, a averti que l'IA pourrait considérablement accroître l'ampleur des violations de données, tout en soulignant qu'il ne fallait pas négliger d'autres enjeux critiques, comme la capacité des attaquants à s'introduire dans un système et à se propager latéralement.

Les risques d'une utilisation non maîtrisée de l'IA

Joseph Fernando a également exprimé ses inquiétudes au sujet de « l'IA de l'ombre » (« shadow AI »), lorsque des salariés peuvent saisir des données de l'entreprise dans des systèmes d'IA non autorisés, sans en comprendre les risques. Sébastien Weber a regretté que les employés soient incités à utiliser l'IA sans explication adéquate de son fonctionnement, ce qui pourrait entraîner des fuites de données massives.

L'IA perçue aussi comme un outil de cybersécurité

Malgré ces inquiétudes, l'IA a également été perçue comme une opportunité de renforcer la cybersécurité. Raphaël Marichez, directeur de la sécurité (CSO) chez Palo Alto Networks, a noté que l'automatisation des opérations de sécurité, longtemps considérée comme un argument marketing, est désormais perçue comme une nécessité.

Les critiques envers l'approche de l'ANSSI

Vincent Strubel, directeur général de l'ANSSI, a été critiqué pour son intervention lors de la conférence, jugée par certains trop abstraite. S'il a appelé à l'autocritique et à la transparence concernant les fuites de données touchant l'État, des observateurs comme Olivier Daloy et Nicolas Arpagian, directeur de la stratégie chez Jizô AI, ont estimé que son discours manquait de recommandations claires et concrètes à l'intention des entreprises pour améliorer leur cybersécurité. Ils ont suggéré que l'ANSSI aurait dû proposer une liste pragmatique d'actions à suivre pour les entreprises.