Des étudiants serbes, après l'effondrement meurtrier d'une gare, mènent un mouvement de réforme prônant la démocratie directe et la méritocratie via des assemblées citoyennes et un changement institutionnel.
Les étudiants serbes remportent la majorité parlementaire
Un groupe d'étudiants serbes, qui ont récemment obtenu la majorité au Parlement, dirige un mouvement politique axé sur la transformation de la gouvernance et des structures démocratiques du pays. Ce mouvement a été inspiré par les vastes manifestations qui ont suivi l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, un drame qui a fait seize morts et mis en lumière le mécontentement de la population envers les dirigeants en place.Un mouvement fondé sur les assemblées citoyennes
La démarche des étudiants repose sur la mise en place d'assemblées générales, ou plénières, où les décisions sont prises par consensus plutôt que selon une structure de direction traditionnelle, verticale. Cette méthode s'est étendue au-delà des campus universitaires, avec la création d'assemblées citoyennes dans les quartiers, les villes et les villages de toute la Serbie.Des candidats au Parlement choisis par les étudiants
La sélection des candidats aux élections législatives s'est faite lors d'assemblées étudiantes organisées dans plus de 80 universités. Elle a permis de constituer un groupe de représentants diversifié, comprenant des universitaires, des médecins, des scientifiques, des ouvriers, des artistes et des militants. Les responsables politiques actuels et anciens ont été exclus de ce processus, ce qui traduit le rejet, par le mouvement, des élites politiques traditionnelles.Un programme centré sur la méritocratie et la réforme
Le programme des étudiants, qui comporte onze points, met en avant la formule « Le savoir est le pouvoir » et vise à remplacer les pratiques clientélistes et antilibérales par la méritocratie et la prise de décision collective. Parmi les objectifs principaux figurent l'indépendance de la justice, la création d'une unité de police spécialisée chargée d'enquêter sur la corruption, la confiscation des richesses acquises illégalement, et la dépolitisation de l'éducation et de la recherche.Un recentrage sur les questions intérieures, à l'écart de la géopolitique
Fait notable, le programme du mouvement n'aborde pas les questions géopolitiques, comme le Kosovo, les relations avec la Russie ou le processus d'adhésion de la Serbie à l'Union européenne. Il se concentre plutôt sur les réformes intérieures et les projets sociaux, dans le but de dépasser les clivages politiques traditionnels. Toutefois, cette approche pourrait laisser les facteurs géopolitiques peser sur le processus politique à l'avenir.Une stratégie visant à empêcher la concentration du pouvoir
La stratégie des étudiants vise à empêcher la reconcentration du pouvoir en promouvant des réformes institutionnelles et la démocratie directe. En donnant la priorité à la participation citoyenne et à la transparence, le mouvement espère instaurer un système politique plus responsable et plus réactif en Serbie.