À Mayotte, la formation des sauveteurs commence dans le lagon, alliant exercices rigoureux, beauté naturelle de l'île et besoin urgent de sécurité aquatique.
Un entraînement qui commence à l'aube
Dans le lagon près de Dzaoudzi, les stagiaires sauveteurs commencent leur journée avant 7 heures au camp du 5e régiment étranger (RE). Les installations du régiment sont déjà en activité, et les candidats arrivent peu à peu, certains venant de Grande-Terre en barge, d'autres de Petite-Terre, toute proche.La préparation à l'eau
À 7 h 30, les stagiaires sont en maillot de bain et en tee-shirt d'entraînement, ajustent leurs lunettes de natation et se dirigent vers le ponton flottant. Leur formateur, Franck, est prêt, après avoir installé une ligne d'eau pour les exercices. La séance débute par un échauffement de 300 mètres de nage libre.Un environnement d'entraînement singulier
Le lagon offre un cadre d'entraînement inhabituel, avec une eau claire et une faune marine comme les tortues de mer, les tortues terrestres et les poissons demoiselles. Franck souligne le contraste entre la beauté du site et la difficulté des exercices. L'entraînement est intense, avec jusqu'à 3 000 mètres de natation par jour, du lundi au vendredi.Les défis à Mayotte
À Mayotte, la formation des sauveteurs se heurte à des difficultés particulières. De nombreux candidats n'ont pas accès à des installations de natation régulières, la seule piscine publique de Majikavo étant fermée depuis un cyclone. Franck fait remarquer que les stagiaires doivent tout apprendre à partir de zéro, car l'environnement impose ses propres contraintes, comme un accès limité à l'eau douce pour s'entraîner.Une mission plus large
La formation va au-delà de l'obtention d'un diplôme. La Fédération nationale des métiers de la natation et du sport (FNMNS) entend répondre au besoin de secours et de premiers secours sur l'île. Avec treize candidats retenus, le programme comprend la natation, la réglementation et la formation aux premiers secours, menant au diplôme de maître-nageur sauveteur formateur.Un engagement pour l'île
Des stagiaires comme Madi Ben Kader voient dans ce programme l'occasion d'agir pour leur île. Il insiste sur l'importance de sensibiliser aux risques du lagon et sur le besoin de professionnels formés. Malgré l'exigence de l'entraînement, il estime que l'effort en vaut la peine pour la sécurité de l'île.Infrastructures et besoins à venir
Alors que la formation est en cours, le manque d'infrastructures de secours pleinement opérationnelles reste une préoccupation. Des projets comme le poste de secours de Sakouli et la piscine gratuite de Bandrélé nécessitent du personnel formé pour être efficaces. Le sergent-chef Jason Alejandro souligne l'importance de former des habitants à devenir sauveteurs et à soutenir les efforts de sécurité de la communauté.Une responsabilité partagée
Alors que le soleil se lève sur le lagon, les stagiaires poursuivent leur pratique, ajustent leurs gestes et surmontent les difficultés. Madi réfléchit au sens plus profond de la formation, la reliant à un sentiment de responsabilité et à une identité attachée à l'île et à ses habitants.