Une grève intersyndicale rassemble plusieurs secteurs

Le 5 novembre 2026, la grève intersyndicale a franchi une étape historique : pour la première fois, tous les syndicats de l'enseignement privé sous contrat ont rejoint le mouvement, aux côtés de la SNCF et de la fonction publique. Plus de deux millions d'élèves, soit 17 % de l'effectif scolaire national, verront leurs cours perturbés. La SNCF, dont les quatre principaux syndicats sont mobilisés, annonce d'importantes perturbations. L'économie française retient son souffle.

Les syndicats de l'enseignement privé font front commun comme jamais

Le secteur de l'enseignement privé sous contrat n'a jamais connu une telle unité. La Fep-CFDT, le SNEPL-CFTC, le SNPEFP-CGT et le SYNEP CFE-CGC, habituellement divisés, s'unissent pour dénoncer l'insuffisance des propositions salariales. Selon Le Parisien, les syndicats rejettent la hausse de salaire de 1,3 % proposée par l'employeur, jugée dérisoire au regard de la hausse de 2,41 % du SMIC. Concrètement, les enseignants du privé recevraient un supplément de deux euros bruts par mois. Cet écart creuse la différence avec leurs homologues du public et alimente la colère.

L'ampleur et les conséquences pour le secteur privé

Le secteur accueille 2,1 millions d'élèves dans 8 500 établissements. La grève paralysera les collèges et lycées privés, contraignant des milliers de familles à s'organiser. Les organisations patronales, réunies au sein de l'Unetp, restent fermes sur leurs positions budgétaires malgré les mises en garde des syndicats. L'enjeu dépasse le pouvoir d'achat : il interroge la capacité du secteur privé sous contrat à retenir ses personnels face à l'attractivité croissante d'autres secteurs.

Les syndicats cheminots rejoignent la grève

Les quatre principaux syndicats cheminots (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail, CFDT-Cheminots) ont confirmé leur participation. Le Figaro prévoit d'importantes perturbations sur les lignes TGV, Intercités et TER. Les lignes du RER francilien subiront également des suppressions, compliquant les déplacements de millions d'usagers. La RATP n'a pas encore communiqué sur l'ampleur de la mobilisation dans le métro et les bus, mais les premiers avis laissent présager une journée difficile pour les Franciliens.

L'impact économique de la grève

L'impact économique direct se chiffrera en dizaines de millions d'euros : pertes de recettes pour la SNCF, absentéisme dans les entreprises, ralentissement de l'activité commerciale. Les chaînes logistiques, déjà fragilisées par les tensions internationales, risquent de nouvelles ruptures. Plusieurs fédérations patronales ont mis en garde contre les conséquences d'une mobilisation prolongée, invoquant un climat délétère d'incertitude pour les investisseurs.

L'écart salarial et l'inflation

L'écart salarial cristallise les tensions. Alors que le SMIC a augmenté de 2,41 % au 1er janvier 2026, les enseignants du privé sous contrat se voient proposer 1,3 %, soit un gain brut mensuel de deux euros. L'inflation, estimée à 2,2 % sur douze mois par l'Insee, érode mécaniquement le pouvoir d'achat. Les syndicats réclament un alignement sur le secteur public, où la valeur du point d'indice pourrait être revalorisée de 2 % selon les annonces du gouvernement en septembre.

Les syndicats exigent une action immédiate

Le mouvement intersyndical a publié une déclaration sans équivoque : « La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il est nécessaire de répondre immédiatement aux urgences sociales et environnementales. » Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a confirmé : « Le rendez-vous de la mobilisation est le 5 novembre. » Sophie Binet, à la tête de la CGT, enfonce le clou : « Le moment est venu de franchir un nouveau seuil dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais. »

La grève vise des choix économiques plus larges

Au-delà des salaires, la mobilisation vise le projet de budget 2027. Le gouvernement prévoit 60 milliards d'euros d'économies, dont une partie pèsera sur les services publics. Gel des prestations sociales, réduction des effectifs de la fonction publique, ralentissement des investissements : autant de mesures que les syndicats jugent incompatibles avec les besoins du pays. Le mouvement intersyndical réclame une hausse de la fiscalité sur le patrimoine, les successions et les dividendes afin de financer les revalorisations salariales.

Santé, éducation et transports sous tension

Les secteurs de la santé, de l'éducation et des transports concentrent les inquiétudes. Les hôpitaux publics, déjà sous pression, redoutent de nouvelles coupes budgétaires. L'Éducation nationale voit ses effectifs stagner malgré la hausse démographique. Les infrastructures ferroviaires nécessitent des investissements massifs, mais le budget alloué est jugé insuffisant par les experts. La grève du 5 novembre traduit un rejet collectif de cette trajectoire, perçue comme un renoncement aux missions régaliennes de l'État.

L'ampleur de la grève et ses implications

Quelques chiffres pour mesurer l'impact : deux millions d'élèves concernés, des perturbations à l'échelle nationale. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. L'enseignement privé sous contrat emploie 140 000 enseignants et accueille 2,1 millions d'élèves, soit 17 % de la population scolaire. La grève touchera également les 850 000 agents de la fonction publique d'État mobilisés le 29 septembre, auxquels s'ajoutent les agents de la SNCF, de la RATP et de nombreux personnels administratifs. Plus de 600 actions avaient été déclarées pour le 24 octobre, laissant présager l'ampleur du mouvement à venir.

Les entreprises se préparent aux conséquences économiques

Les entreprises anticipent un fort taux d'absentéisme, en particulier en Île-de-France, où les transports seront les plus touchés. Le coût indirect (perte de productivité, réorganisation des équipes, télétravail imposé) pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d'euros selon les premières estimations du Medef. Le commerce de détail craint une baisse de la fréquentation, tandis que la restauration redoute l'annulation de réservations.