Débat sur les créatures mythiques du cinéma d'horreur

Dans un débat opposant les créatures mythiques les plus emblématiques du cinéma d'horreur, le vampire et le zombie s'affrontent. Tous deux nous renvoient à nos angoisses face à la mort, même s'ils ne touchent pas au même point sensible : la peur de la dépendance, pour celui qui a besoin de sa ration quotidienne de sang, ou la peur de la dégénérescence, pour celui qui se désagrège.

Les racines historiques du zombie

Les origines du zombie sont attestées historiquement, avec des documents remontant au XVIIe siècle, à travers la traite négrière en Afrique de l'Ouest jusqu'à Haïti. Le vampire, quant à lui, descend d'une véritable célébrité, Dracula (« fils du dragon » en roumain), alias Vlad Tepes, prince valaque du XVe siècle, qui a inspiré le célèbre roman Dracula de Bram Stoker (1897).

Le zombie, symbole culturel

Le zombie est souvent associé aux périodes de crise, servant de métaphore à des enjeux sociaux tels que le pouvoir colonial, le racisme, la société capitaliste, l'exploitation sociale, les inégalités et la condition des femmes. Contrairement au vampire, le zombie est en mouvement : héros de la contre-culture et figure d'une tendance marxiste, il a pour slogan « No future » et pour chef de file George A. Romero.

Le charme du vampire

Le vampire est considéré comme plus fascinant, la mort y étant séduisante et le vampire capable de passer de la séduction au cauchemar. Le charme du vampire est incarné par des acteurs comme Christopher Lee et Gary Oldman, qui ont su allier charme et terreur dans leurs interprétations. Le zombie, dépourvu de charisme, est perçu comme un tout dévoué exclusivement à sa cause, la survie de son espèce, et il est réputé pour son odorat infaillible, même lorsqu'il n'a plus de nez.

L'efficacité dans l'horreur

Sur le plan de l'efficacité, le zombie se distingue : il se déplace en hordes et tire les leçons de ses erreurs pour affiner son intelligence prédatrice. Le zombie est aussi remarqué pour sa violence créative et son goût du gore, comme dans Le Massacre des morts vivants (Brain Dead) ou l'empalement de l'œil chez Lucio Fulci. Le vampire, à l'inverse, privilégie la qualité à la quantité, se contentant souvent d'une coupe de sang vierge plutôt que de tueries de masse. Certains vampires préfèrent même le sang synthétique, comme on le voit dans la série True Blood.

Popularité et impact culturel

Sur le plan de la popularité, les vampires ont historiquement enflammé les adolescents, avec les vampires scintillants de Twilight, menés par Robert Pattinson. Les vampires ont été l'élite des créatures surnaturelles, incarnés par des stars comme David Bowie et Catherine Deneuve. Les zombies, bien qu'ils n'aient ni premier rôle masculin ni premier rôle féminin, ont leur part d'attitude pop, avec des apparitions remarquées d'acteurs comme Bill Murray, Javier Bardem, Michelle Rodriguez, Quentin Tarantino et Iggy Pop.

Match nul dans la ligue des morts-vivants

Le score final est un match nul, la ligue internationale des morts-vivants attendant son heure. Le film d'horreur Vampire-Zombies from Space, sorti uniquement en VOD, avait déjà annoncé le rapprochement entre vampires et zombies.