Une étude, connue sous le nom d’étude XENAIR et menée par le Centre Léon Bérard à Lyon, a révélé un possible lien entre l’exposition à plusieurs polluants atmosphériques et un risque accru de cancer du sein. Selon les chercheurs, les femmes les plus exposées à ces polluants présentent un risque jusqu’à 60 % plus élevé que celles qui y sont le moins exposées. Dirigée par le Professeur Béatrice Fervers, directrice du département de prévention et d’environnement du cancer au Centre Léon Bérard, cette étude est en cours depuis 2016. Elle s’appuie sur les données de plus de 10 000 femmes, dont plus de 5 000 diagnostiquées avec un cancer du sein entre 1990 et 2011, et plus de 5 000 qui ne l’ont pas développé. Les derniers résultats, partagés par la Fondation ARC qui finance la recherche, soulignent que l’exposition simultanée à plusieurs polluants pourrait augmenter le risque de cancer du sein. L’étude avait précédemment identifié cinq polluants clés : le dioxyde d’azote (NO₂), les particules fines PM10 et PM2,5, le benzo(a)pyrène et le PCB153. Des analyses plus récentes se sont concentrées sur les effets combinés de ces polluants. Selon le Professeur Fervers, l’augmentation du risque a été observée chez les femmes vivant dans des zones urbaines densément peuplées comme Lyon et Paris, où l’exposition à des niveaux élevés de NO₂, de PCB et de particules fines est plus fréquente. Les chercheurs précisent que, bien que ces résultats suggèrent une corrélation entre la pollution et le risque de cancer du sein, ils ne prouvent pas que la pollution soit la seule cause de la maladie. Le Professeur Fervers indique que réduire la concentration de ces quatre polluants dans l’air pourrait contribuer à diminuer le risque de cancer du sein. Son équipe étudie désormais le rôle d’autres polluants, dont les PFAS, un groupe de produits chimiques synthétiques utilisés dans divers produits industriels et de consommation. Les chercheurs ambitionnent également de créer une plateforme capable de reconstituer les expositions environnementales individuelles sur plusieurs décennies. Cela permettrait de mieux comprendre comment une exposition prolongée aux polluants peut influencer les résultats en matière de santé. L’étude continue d’éclairer la relation complexe entre la qualité de l’air et le risque de cancer, offrant des pistes qui pourraient guider les politiques de santé publique et les réglementations environnementales.