Lyon ouvre un abri d'urgence pour 130 jeunes en situation de minorité à l'approche de l'hiver, avec logement, soins et soutien juridique.
Ouverture d'un hébergement d'urgence à Lyon
La Ville de Lyon a ouvert jeudi 15 octobre un hébergement d'urgence dans l'ancien internat Favre, dans le 4e arrondissement, afin d'accueillir jusqu'à 130 jeunes qui demandent la reconnaissance de leur minorité. Ces personnes vivaient depuis plusieurs mois dans le jardin des Chartreux, sur les pentes de la Croix-Rousse, certaines occupant les lieux depuis janvier 2025.Un ancien internat transformé en hébergement
L'ancien internat Favre, un bâtiment municipal inoccupé depuis le 1er septembre, a été transformé en hébergement pour répondre à cette situation. La Ville indique que cette décision renoue avec la vocation première du site : accueillir, protéger et éduquer des enfants sans ressources. L'équipement sera géré par le Centre communal d'action sociale (CCAS) de la Ville.Un accompagnement sur place
Les jeunes accueillis bénéficieront d'un accompagnement social et sanitaire, comprenant l'accès aux soins, la scolarisation et le suivi de leurs démarches juridiques. Des travailleurs sociaux, une infirmière et plusieurs agents seront mobilisés sur place. Un dispositif de sécurité fonctionnera également sept jours sur sept, et des espaces distincts seront prévus pour permettre la cohabitation avec d'autres structures présentes dans le bâtiment.Le maire défend cette initiative
Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a justifié cette nouvelle initiative malgré l'absence de compétence directe de la commune en matière d'hébergement d'urgence. Il a déclaré ne pas pouvoir tolérer la situation inhumaine dans laquelle se trouvent ces jeunes. L'équipement est géré par le Centre communal d'action sociale (CCAS) de la Ville de Lyon.Un recensement et une équipe d'accompagnement
Avant l'ouverture de l'hébergement, un recensement des jeunes a été réalisé en coopération avec des associations et des collectifs locaux. Une équipe composée de travailleurs sociaux, d'assistants logistiques et sociaux, d'une infirmière et d'un agent technique assurera un accompagnement continu, notamment pour les droits, l'accès aux soins, la scolarisation et le suivi des recours juridiques.Des efforts d'hébergement antérieurs
Ce nouvel hébergement fait suite à des opérations similaires menées par la municipalité. En janvier 2024, 170 jeunes migrants ont été accueillis grâce à un partenariat avec le diocèse de Lyon. Un an plus tard, 160 autres jeunes vivant sur la place Béguin ont bénéficié d'un hébergement dans un immeuble privé inoccupé. L'adjoint au maire Bruno Couturier a salué l'engagement des associations locales et des habitants.Une longue période d'incertitude
Cette ouverture intervient après une longue période d'incertitude pour les jeunes du campement des Chartreux. En avril, des mineurs non accompagnés qui avaient trouvé refuge dans l'église Saint-Polycarpe ont dû retourner au campement après la fermeture de ce site. En septembre, le maire avait annoncé que les 130 jeunes seraient logés dans l'ancien internat avant la fin du mois d'octobre.D'autres situations préoccupantes
La Ville de Lyon alerte également sur plusieurs autres situations, notamment la menace d'expulsion de près de 300 femmes seules avec enfants dans un immeuble de la place de Milan. La municipalité s'inquiète aussi de la fermeture des Stations, qui offre 102 places d'hébergement d'urgence pour des mineurs non accompagnés. À l'approche de l'hiver, le conseil municipal appelle les pouvoirs publics à éviter de nouvelles remises à la rue.