L'informatique quantique crée de nouveaux risques de piratage, avertit IBM, alors que les nations se disputent sa puissance pour des percées en science et en finance.
Les risques du calcul quantique mis en lumière par un dirigeant d'IBM
Un dirigeant d'IBM a mis en garde contre les risques potentiels de piratage à grande échelle liés à l'informatique quantique, affirmant que le monde n'est pas prêt à faire face aux conséquences de cette technologie. Alessandro Curioni, vice-président d'IBM Europe et Afrique et directeur du laboratoire d'IBM à Zurich, a souligné que moins de 10 % des organisations sont actuellement résistantes à l'informatique quantique. Ses propos ont été tenus en marge d'une conférence organisée par IBM à Londres. Ces risques s'ajoutent aux inquiétudes liées à l'intelligence artificielle, qui facilite déjà certaines opérations de piratage, alors que les cyberattaques se multiplient dans le monde.Cibles potentielles du piratage quantique
Curioni a mis en évidence les conséquences potentielles pour « internet, les blockchains, les banques, les contrats financiers, les signatures numériques ». Il a suggéré que des acteurs malveillants pourraient d'abord viser les institutions financières, puis l'industrie, et finalement « le contrat de votre maison ». Toutefois, les ordinateurs quantiques actuels ne sont pas assez puissants pour mener de telles attaques, et la date à laquelle ils pourraient le devenir reste incertaine.Se préparer aux menaces quantiques
David Debnam, directeur des risques opérationnels et de l'innovation chez l'assureur britannique Aviva, a insisté sur le fait que le risque le plus grand réside dans le fait que des données ont déjà été collectées et stockées, et pourraient être déchiffrées lorsque les ordinateurs quantiques seront suffisamment puissants. Londres recommande aux organisations de achever d'ici 2035 leur transition vers des systèmes cryptographiques résistants aux attaques quantiques.La course mondiale à l'informatique quantique
Les États-Unis, la Chine et la France figurent parmi les nations engagées dans le développement de l'informatique quantique. Selon McKinsey, ce domaine pourrait générer jusqu'à 2 700 milliards de dollars de valeur économique d'ici 2035. Selon Curioni, les bénéfices de l'informatique quantique seraient considérables, notamment lorsqu'elle est combinée aux capacités d'abstraction de l'IA pour « simuler des problèmes jusqu'ici trop complexes d'un point de vue physique ».Les objectifs d'IBM en informatique quantique
IBM, pionnier dans ce domaine où il rivalise avec Microsoft et Google, vise à développer d'ici 2029 un ordinateur quantique suffisamment fiable pour effectuer des calculs hors de portée des ordinateurs classiques. Ces machines exploitent les propriétés de la physique quantique et pourraient, par exemple, aider à concevoir de nouveaux médicaments ou matériaux.