Dans notre monde actuel, rythmé par un emploi du temps chargé, l’habitude de faire une promenade après le repas s’est raréfiée, malgré ses nombreux bienfaits pour la santé. Cette pratique simple, autrefois naturelle dans le quotidien, a largement été oubliée. Selon la naturopathe Julie Coignet, marcher après manger favorise la digestion de deux manières essentielles. D’abord, elle aide l’estomac et les intestins à faire circuler les aliments plus efficacement, ce qui peut réduire les ballonnements et les gaz. Ensuite, elle contribue à réguler le taux de sucre dans le sang en permettant aux muscles d’utiliser directement le glucose, sans attendre l’action de l’insuline. Ces deux avantages aident à la fois à une meilleure digestion et à maintenir un niveau d’énergie stable tout l’après-midi. L’idée de marcher après un repas était autrefois une pratique courante, transmise de génération en génération, et n’avait rien de spécial. Pourtant, avec l’émergence des modes de vie modernes et la nécessité de retourner rapidement au travail, ce réflexe naturel s’est perdu. Le « ventre de la ville », un terme désignant l’inconfort physique causé par le stress de reprendre le travail immédiatement après avoir mangé, est une réaction réelle du corps face à ces pressions contemporaines. Une marche de dix à quinze minutes suffit à en tirer la plupart des bénéfices, tant pour la digestion que pour le contrôle de la glycémie. Pour ceux qui ont plus de temps, marcher jusqu’à trente minutes peut aussi être avantageux, bien que les gains diminuent après un certain seuil. Il est important d’éviter tout effort intense immédiatement après un repas copieux. Une activité physique trop vigoureuse peut détourner le flux sanguin de l’estomac, qui est nécessaire à la digestion. La croyance selon laquelle il faudrait attendre une heure avant de bouger après avoir mangé relève d’une idée reçue, surtout lorsqu’il s’agit d’une marche tranquille. En réalité, le moment le plus efficace pour marcher se situe dans les quinze premières minutes après la fin du repas, lorsque l’impact sur la glycémie est le plus marqué. Cependant, le rythme de la marche est crucial. Une promenade lente et détendue est plus bénéfique qu’une marche rapide ou intense. Ce rythme modéré permet au corps de basculer dans un état de relaxation, appelé mode parasympathique, idéal pour la digestion. Si la marche devient trop intense, elle peut, au contraire, perturber la digestion plutôt que l’aider. Julie Coignet, qui a consacré sa carrière à la santé digestive, s’est intéressée de près à ce sujet après avoir été diagnostiquée avec une maladie inflammatoire chronique de l’intestin alors qu’elle était jeune mère. Cette expérience l’a poussée à explorer divers régimes et modes de vie, du sans gluten au low FODMAP, avant de réaliser que l’alimentation seule ne suffisait pas. Dans son livre Mangez digeste !, elle aborde les dernières recherches sur le microbiote, le nerf vague et l’axe intestin-cerveau, soulignant que les choix de vie sont tout aussi importants que ce que nous mangeons. Elle approfondit également ces thèmes dans son podcast KINOA, où elle met en avant des pratiques souvent négligées, comme le simple fait de marcher après un repas.