Les cybercriminels ciblent les agences publicitaires, exploitant une sécurité faible et des erreurs humaines pour accéder aux données sensibles des clients et aux budgets publicitaires.
Les agences publicitaires confrontées à une hausse des cybermenaces
Les agences de publicité et les studios créatifs sont de plus en plus ciblés par les cybercriminels en raison des données sensibles qu'ils traitent pour le compte de plusieurs clients. Ces agences gèrent souvent plusieurs bases de données, ce qui en fait des cibles attrayantes, car une seule faille peut exposer les données de plusieurs organisations.Les petites agences sont plus vulnérables
Les petites agences sont particulièrement exposées, car elles ne disposent pas toujours des mesures de cybersécurité robustes que l'on trouve dans les grandes entreprises. En janvier, des attaquants ont infiltré un sous-traitant lié à ManoMano, obtenant ainsi accès aux noms, adresses e-mail et numéros de téléphone des clients, ainsi qu'à l'historique de leurs conversations. L'incident a été signalé aux autorités françaises chargées de la protection des données et de la cybersécurité.Un contrôle réglementaire renforcé
Les régulateurs français surveillent de près le secteur du marketing et de la communication. En mai 2025, Solocal Marketing Services a été condamnée à une amende de 900 000 euros pour des irrégularités dans ses campagnes de prospection commerciale, sanction qui concernait toutefois des violations du consentement et non un piratage informatique.L'e-mail, un vecteur d'attaque courant
Les cybercriminels utilisent fréquemment la messagerie électronique pour exploiter les failles, car les agences communiquent régulièrement avec des journalistes, des influenceurs et des fournisseurs. Il devient alors difficile de repérer les messages frauduleux. Un attaquant peut imiter une facture ou une demande urgente, et un simple clic sur une pièce jointe peut suffire à donner accès aux systèmes internes.Plateformes et pratiques vulnérables
Parmi les autres points faibles figurent les comptes Meta Business ou Google Ads mal sécurisés, qui peuvent donner accès aux budgets publicitaires des clients. La réutilisation d'un même mot de passe sur plusieurs plateformes peut entraîner la compromission de plusieurs comptes. Les freelances et collaborateurs externes qui utilisent leur ordinateur personnel peuvent également introduire des risques si leurs appareils ne sont pas suffisamment protégés.Les cybermenaces en hausse
Selon Cybermalveillance.gouv.fr, le piratage de comptes est la menace la plus signalée en 2025, avec une hausse de 52 % par rapport à l'année précédente. Les fuites de données et les intrusions informatiques ont également fortement progressé, de 40 % et 112 % respectivement, tandis que les virements frauduleux ont augmenté de 93 %. Les agences, qui gèrent d'importants budgets publicitaires, sont particulièrement exposées à ces risques.De nombreuses agences manquent de défenses adéquates
Une enquête menée en 2025 par Cybermalveillance.gouv.fr révèle que 16 % des petites et moyennes entreprises ont subi une cyberattaque au cours de l'année écoulée, et que 22 % ne disposent d'aucune sauvegarde de leurs données. La majorité des répondants consacrent moins de 2 000 euros par an à la sécurité de l'information.Les mesures préventives sont essentielles
Pour réduire les risques, les agences sont invitées à séparer les accès administratifs, à activer l'authentification à deux facteurs, à utiliser des gestionnaires de mots de passe et à mettre régulièrement à jour leurs logiciels. Il est également indispensable de sauvegarder les données en dehors du système principal et de s'assurer que les sous-traitants appliquent de solides pratiques de sécurité. Former les équipes à repérer les liens suspects et les demandes inhabituelles peut aider à identifier des menaces que les systèmes automatisés pourraient manquer.Ne pas signaler une violation peut coûter cher
Ne pas signaler une fuite de données à la CNIL dans un délai de 72 heures peut entraîner des amendes pouvant atteindre 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial. Cette sanction s'ajoute aux pertes financières liées aux piratages, ce qui souligne la nécessité d'un signalement rapide et transparent.